Par Wafia Sifouane
Pour le deuxième jour de la grève nationale, à laquelle ont appelé certains syndicats dans la continuité des marches populaires déclenchées depuis le 22 février dernier et malgré l’appel lancé par la ministre de l’Education nationale pour protéger les enfants et l’Ecole algérienne d’une éventuelle instrumentalisation, a été marqué par des images d’élèves errant dans les rues d’Alger ainsi que d’autres villes du pays suite à la fermeture de leurs écoles.
Postés devant l’entrée du lycée Kheir-Eddine-Barberousse d’Alger Centre, des lycéens se sont vu hier refuser l’accès en classe par des agents qui les ont sommés de quitter les lieux. Même scénario dans d’autres établissements de la capitale et autres régions du pays. Même si le taux de suivi de la grève a été moins important que celui observé la veille, dimanche, le secteur de l’éducation a connu une forte perturbation en raison de la fermeture de certains établissements dont les responsables n’ont pas hésité à libérer les élèves rejetant ainsi l’appel à la raison lancé par Mme Nouria Benghebrit qui a tenu à souligner la dangerosité de tels actes. En effet, dans un message posté sur les réseaux sociaux, la ministre a tenu à rappeler aux responsables des écoles leur obligation face à l’école. « Aujourd’hui, des élèves sont sortis dans la rue, c’est dangereux ! Nous avons tous le devoir moral, l’obligation institutionnelle et la responsabilité historique de protéger notre école, donc de protéger nos élèves, de protéger nos enfants », a-t-elle écrit. En ajoutant : « L’école, parce que gratuite et obligatoire, est l’école du peuple. Préservons-là, ensemble, de tout acte voulu ou non voulu de surpolitisation et de l’instrumentalisation », a affirmé Mme Benghebrit. Avant de lancer un appel aux parents, enseignants, élèves et tout l’encadrement : « Un seul mot d’ordre, l’école de l’Algérie au-dessus de toute considération ! ». Malgré le message de la ministre et les instructions qu’elle avait donnés la veille de la grève, de nombreux responsables ont fait la sourde oreille et préféré libérer les élèves et fermer les écoles. Cet acte irréfléchi a été fortement dénoncé par l’Intersyndicale de l’éducation nationale qui a appelé à une marche pacifique demain rejetant toute responsabilité face à ce qui se passe actuellement dans les écoles.
Un décès
et des blessés
D’ailleurs, la journée d’hier a été marquée par le décès tragique d’un jeune écolier âgé de 12 ans, électrocuté dans la wilaya de Mila. Le jeune enfant qui devait être sur les bancs de l’école est mort en tentant d’accrocher le drapeau national sur un poteau électrique. A Sétif, un élève a été blessé à la tête dans la commune de Bir El-Arch à l’est de Sétif.
Face aux risques qu’encourent les enfants face à la fermeture des écoles, Samia Mezaib, directrice centrale de l’évaluation au ministère de l’Education nationale, a indiqué, hier sur les ondes de la Radio nationale, que la préservation de l’école et sa protection contre les différents courants politiques et idéologiques relève de
« la responsabilité de tous ». Dans ce sens, la responsable a appelé à la
« vigilance du fait d’une atmosphère délicate prévalant au sein de la société algérienne ».
Tout comme Mme Nouria Benghebrit, la responsable a qualifié la sortie des élèves dans les rues de « dangereuse car ces enfants sont mineurs et doivent être encadrés ». Affirmant que « les écoles sont ouvertes et que les élèves doivent être à l’intérieur des établissements », cette responsable a fait observer qu’« il y a une situation confuse d’où l’obligation de faire montre de vigilance et de protéger l’école ». Concernant les dates des examens de fin de cycle, Mme Mezaib a tenu à démentir les rumeurs faisant état de leur report, affirmant qu’ils se dérouleront aux dates déjà fixées et communiquées par le ministère de l’Education nationale.<