Les travaux de la 4e édition du congrès algérien des routes ont pris fin avant-hier dimanche. Ils ont été clôturés cette année par une série de recommandations dont la mouture finale devrait être fin prête dans les jours à venir, avant d’être adressée aux différents ministères concernés.

Faites par le panel d’experts qui a participé au congrès, elles recouvrent des aspects bien évidemment techniques et technologiques relatifs aux moyens de réaliser des ouvrages modernes, sécurisés durables et adaptés aux environnements dans lesquels ils sont construits.
D’autres concernent des questions ayant trait aux échanges commerciaux ainsi qu’à l’économie. Pour ce qui est de la sécurité, le groupe chargé de cette question estime nécessaire «d’introduire dans les cahiers des charges des travaux publics, l’utilisation des bitumes modifiés, notamment pour des terrassements situés dans des zones à topologie chahutées (fortes pentes, carrefours…)». Il insiste sur la nécessité d’avoir de «bonnes maturations dans les études», notamment géotechniques, et de recourir aux laboratoires spécialisés lorsqu’il s’agit d’analyses de stabilité et de glissement de terrain.
Le panel chargé de réfléchir sur la thématique «route saharienne et sécurité routière», recommande «l’exploitation de matériaux locaux en utilisant les différentes méthodes de traitement et d’amélioration et encourage la réalisation des planches d’essais expérimentales pour vulgariser ces études».
Il conseille de trouver des solutions pour orchestrer, créer et faciliter les échanges commerciaux entre les pays membres du comité du projet de la route transsaharienne. Concernant les recommandations de la commission chargée du volet «technique et environnement», elles ont porté notamment sur la nécessité de vulgariser l’utilisation des géotextiles dans la réalisation des routes et ouvrages d’art et de proposer un guide technique. Ceci, outre la nécessité d’encourager la production locale des géotextiles et leur intégration dans les marchés publics, d’accorder de l’importance aux études environnementales dans le cadre des études des tracés routiers en les confiant «à des bureaux spécialisés en la matière».
Quant au volet «routes», la commission, qui en était en charge dans le cadre de cette rencontre, a recommandé la mise en œuvre d’un cahier des charges spécifique à la signalisation routière verticale et horizontale dans le cadre des avis d’appels d’offres. Elle a aussi prescrit de former des techniciens en signalisation verticale et horizontale ainsi que de développer des moyens de transport collectifs et durables dans un cadre stratégique à long terme afin de réduire l’usage des véhicules personnels et de désengorger les routes. Enfin, le panel chargé de l’«encouragement à l’export», prône une participation plus grande des opérateurs algériens du secteur aux manifestations économiques organisées dans les pays africains pour se faire connaître des principaux bailleurs de fonds de ces pays en présentant de bonnes offres de service.
Il préconise également de «constituer un fichier d’experts nationaux et internationaux qui pourraient être consultés dans le cadre des appels d’offres», entre autres recommandations formulées à l’occasion de la clôture du congrès.

L’export, horizon d’actualité
En matière d’export, le débat a beaucoup occupé les cimentiers, dont le groupe public Gica qui a exposé, au dernier jour du congrès, sa démarche en la matière. A ce sujet, le P-dg de la Société algérienne d’études d’infrastructures (Saeti), Ali Chakroun, a fait part des difficultés rencontrées par les opérateurs économiques, notamment le manque de réactivité des services d’intermédiation dans l’accompagnement et la réalisation de banques de données. Il a également fait part de l’absence de représentativité du réseau consulaire dédié à l’export. A cela s’ajoute le manque de rencontres de rapprochement pour les mises en relation d’affaires.
Par ailleurs, le P-dg du groupe a indiqué que le déploiement à l’international est un choix stratégique dicté par la nature actuelle et à venir du marché du ciment en Algérie, un secteur excédentaire par rapport à la demande domestique et requérant la nécessité de trouver des clients à l’étranger, notamment dans des pays africains. Ahmed Souilem a indiqué que le plan de mise à niveau interne au processus d’exportation a commencé par l’organisation, en octobre 2018, d’une journée d’études et de concertation à travers laquelle des experts nationaux, ayant à leur actif un capital expérience non négligeable en la matière, notamment informationnel, ont eu l’occasion de tisser un réseau d’échanges très important.
L’accent y avait été mis, rappelle-t-on, sur la nécessité d’accorder des facilitations bancaires et administratives, de procéder à un audit des capacités humaines et matérielles des filiales ainsi que l’impératif de poursuivre l’action de formation et de mise à niveau technique et technologique. Il a été également recommandé, lors de cette rencontre, d’être à l’écoute des avis d’appels d’offres et avis d’appels à manifestation d’intérêt et de participer aux manifestations économiques organisées dans les pays africains. Parmi les recommandations de cette journée d’octobre, figure également l’impératif d’envisager la constitution de groupement avec des entreprises des pays concernés et/ou des entreprises qui ont déjà une expérience dans ces pays pour soumissionner ensemble.
Il a été également recommandé de se rapprocher des institutions algériennes (banques, douanes) pour avoir toutes les informations sur l’acte d’exporter, mais aussi d’installer un comité de suivi et de soutien aux entreprises. Ce comité, selon M. Souilem, pourrait être localisé au niveau du groupe Gica et servirait de point d’attache pour les opérateurs économiques potentiellement intéressés par l’acte d’exporter.
Parmi les difficultés rencontrées figure également l’inadaptation du réseau bancaire à l’activité d’export et le manque de mesures incitatives pour la formation de groupements pour fournir un package complet des services d’engineering. L’absence de fonds pour soutenir les activités d’exportation constitue également une contrainte pour les exportateurs nationaux. Rappelons que le ministre du Commerce, M. Saïd Dejllab, a estimé que les exportations algériennes de ciment peuvent atteindre les 100 millions de dollars, contre 20 millions l’année précédente. Pour y arriver, il a indiqué qu’une stratégie sera mise en place à «la fin du mois d’avril» visant à «soutenir et accompagner les exportateurs nationaux, et développer les exportations hors hydrocarbures».

bon à savoir

Le réseau national routier, qui était de 104 000 Km en 1999, s’étend aujourd’hui sur 128 000 km, soit 24 000 km de nouvelles routes réalisées, tandis que les autoroutes sont passées de 637 km à plus de 45 000 km actuellement. S’agissant des ouvrages d’art, leur nombre est passé de
3 900 unités en 1999 à plus de 10 563 unités actuellement. De même pour les tunnels au nombre de 20 actuellement contre 7 en 1999.