Le débat sur la contestation de rue en cours depuis les marches du 22 février, a trouvé, hier, un participant inattendu en la personne du numéro 1 de la centrale syndicale Ugta. Après avoir campé pendant des semaines sur sa position de soutien déterminé à la candidature du chef de l’Etat sortant pour un cinquième mandat, Abdelmadjid Sidi-Saïd a brandi hier la carte du «besoin de changement». Dans un communiqué rendu public, hier, le secrétaire général du syndicat considère que le changement revendiqué aujourd’hui passe par un dialogue empreint de «sagesse» et de «construction d’une solution consensuelle». Sidi-Saïd affirme qu’«il est évident que l’Ugta considère que le besoin de changement est devenu nécessaire, comme il est évident qu’il doit se construire à travers un dialogue empreint de sagesse et de construction d’une solution consensuelle». Il parle de solution «permettant de faire émerger l’édification d’une nouvelle République en harmonie avec les aspirations de notre peuple, et d’asseoir sereinement l’avenir et de préserver notre pays, l’Algérie». Le secrétaire général de la centrale syndicale a signé son communiqué à l’issue d’une réunion du secrétariat national, des secrétaires généraux des unions de wilaya et des fédérations nationales. Cette réunion est intervenue après une série de manifestations internes aux structures de l’Ugta hostiles à la gestion de son secrétaire général. Dans sa réaction à cette situation, Sidi-Saïd évoque «un moment historique et une période charnière de son histoire contemporaine, face à laquelle l’Ugta, composante essentielle de la société algérienne, ne peut demeurer indifférente». «L’Ugta, qui a acté le cri de cœur des manifestations et en particulier de notre formidable jeunesse, exprimant, légitimement, une grande ambition pour l’Algérie, tient à saluer le civisme et le patriotisme qui ont émaillé les marches citoyennes et populaires ainsi que l’attitude responsable, professionnelle et exemplaire des forces de l’ordre», ajoute le secrétaire général. Après avoir indiqué que «l’engagement de l’Ugta aux côtés du président Abdelaziz Bouteflika est le fruit des multiples acquis économiques et sociaux engrangés par le monde du travail au cours du processus de la reconstruction nationale dans la paix», Sidi-Saïd soutient que «l’expression populaire est exemplaire et ne doit être qu’imprégnée par le souci majeur d’une transition pacifique, démocratique et sereine, dont le seul acteur demeure le peuple algérien souverain».