PAR INES DALI
L’utilisation excessive des sacs en plastique, qui polluent l’environnement et dénaturent le paysage, ne peut plus se poursuivre. Des mesures sont prises pour y mettre un terme ou, du moins, réduire leur utilisation. Elles consistent en la suspension de l’importation de sacs en plastique et en la hausse de la taxe pour ceux produits localement.
C’est, en substance, ce qu’a déclaré la ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, Mme Fatima-Zohra Zerouati en marge de la 2e édition du Salon international de l’environnement et des énergies renouvelables d’Alger (Sieera 2019), ajoutant que l’impact de l’ensemble des mesures prises sera visible sur le terrain à moyen terme. A travers ces décisions et d’autres à venir, c’est l’objectif de la «préservation de l’environnement que le ministère compte atteindre», a assuré Mme Zerouati.
Pour ce faire, il est prévu le retrait progressif du marché des sacs en plastique et leur remplacement par des sacs en papier.
Cette démarche semble toutefois buter sur certains obstacles. La ministre a expliqué, dans ce sens, qu’une rencontre ayant réuni les producteurs locaux avec son département ministériel a permis de le constater. «Les producteurs ont déclaré être prêts à passer de la production des sacs en plastique à celle des sacs en papier, mais cette nouvelle démarche implique des techniques et des moyens qui doivent être mis en place graduellement». En attendant, les producteurs doivent se conformer aux dispositions prises dans le cadre de la loi de Finances 2019 et s’acquitter d’une taxe de 40 DA/kg contre
10 DA/kg auparavant.
Evoquant les actions de sensibilisation organisées par son département ministériel en direction des citoyens pour réduire l’utilisation des sacs en plastique, elle a mis l’accent sur les opérations de contrôle direct pour s’assurer de la conformité des sacs utilisés dans les magasins et les marchés aux normes requises.
Sur un autre chapitre, Mme Zerouati a plaidé pour «la nécessité d’exploiter le développement technologique afin d’absorber les sacs en plastique et de les inclure dans les processus de recyclage au lieu de les laisser éparpillés dans la nature». Elle a rappelé, également, l’opération de traitement et de transformation de ces sacs au niveau du Centre d’enfouissement Hamici (Ouled Fayet), affirmant que cette opération aura, sur les court et moyen termes, «une incidence positive sur le phénomène des sacs en plastique». Expliquant que la première phase de la stratégie de réduction de l’utilisation des sacs en plastique a vu des actions importantes en termes de décisions et de sensibilisation, la ministre a ajouté que «tout ce qui a été fait apportera des changements concrets sur le terrain sur le moyen terme». En attendant, et faute de solution de rechange pouvant donner des résultats dans l’immédiat, les sacs en plastique non conformes aux normes continuent d’être écoulés sur le marché national en dépit des mesures juridiques interdisant leur utilisation.<