Le plus ancien club dans la région Ouest du pays, l’USM Oran, se meurt dans un silence total ne suscitant ni inquiétude ni soucis de la part des sportifs et responsables, alors qu’il y a risque de disparition de cet autre monument du football algérien. Fondé en mars 1926, ce club boucle ses 93 ans, un anniversaire coïncidant avec une saison tumultueuse qu’il est en train de vivre et qui risque de se terminer par une autre relégation, cette fois-ci en Régionale 1. En effet, l’USMO a essuyé une nouvelle défaite le week-end dernier à l’occasion de la 24e journée du championnat, après s’être incliné sur le terrain de la JS Sig (2-1), une énième contre-performance qui le laisse collé à la 16e et dernière place de son groupe avec 12 points et distancé de trois unités par l’US Tindouf. Les Oranais se dirigent tout simplement droit vers le purgatoire. Un triste sort pour le Doyen des clubs oranais et le deuxième plus vieux club algérien après le MC Alger. Cette situation est due notamment, selon ses dirigeants, au manque flagrant en moyens financiers. Ils disent que leurs appels de détresse qu’ils lancent fréquemment n’ont jamais été entendus, au grand dam des amoureux de ce prestigieux club qui a commencé depuis déjà plusieurs années sa traversée du désert. Ce monument du sport-roi dans le pays et dans la capitale de l’Ouest en particulier, est en train ainsi de connaître le même scénario vécu par d’autres légendaires formations algériennes, à l’image de l’ES Guelma, pour ne citer que celle-là. Assurément, regrettent les observateurs, le club oranais ne mérite pas un tel sort, un club qui a joué un rôle prépondérant dans la résistance lors de la période coloniale, et dont la création par entre autres feu Sadek Boumaâza, avait pour objectif justement de défendre la cause nationale. Ce fut également un moyen de défendre l’identité nationale à l’époque, d’où le nom de l’Union sportive musulmane qui lui a été choisi. Outre son passé glorieux dans la lutte contre le colonialisme, l’USMO s’est illustré également sur les terrains de football. Il avait remporté 7 fois le championnat d’Oran entre 1932 et 1950, ainsi que la Coupe d’Oran de la saison 1951-1952. Le palmarès du club compte également le titre de vice-champion nord-africain à trois reprises (1933, 1935 et 1950). Ce passé, écrit en lettres d’or, ne lui a pas suffi, néanmoins, pour se frayer un chemin vers la gloire, lors de la période de post indépendance. «L’ingratitude» des uns et des autres a même fait qu’il soit abandonné par ses propres supporters, puisque le club évolue depuis des années devant des gradins vides. A six journées de la fin du championnat de l’Inter-ligues, il lui sera très difficile d’éviter le purgatoire. L’on est en train de préparer son acte de décès dans l’indifférence totale, estime-t-on du côté d’El Bahia.