En quelques semaines, l’Algérie s’est retrouvée dans une crise politique inimaginable. L’élection présidentielle reportée et l’annonce d’une transition politique avec Conférence inclusive et indépendante. Aujourd’hui, le pouvoir vient de mettre sur la table une offre politique susceptible d’être exploitée. Une véritable brèche dans laquelle il faudrait s’engouffrer et grignoter des acquis pour une Algérie plus démocratique. «Prendre et revendiquer» reste la meilleure des postures afin de ne pas prendre le risque de perdre ce que les Algériens ont chèrement acquis :
un minimum de paix civile. Le dire, ce n’est nullement faire preuve d’angélisme mais bien de réalisme dans une conjoncture de tension exacerbée. Il est évident que le recul du pouvoir et l’annihilation de l’option du cinquième mandat est une victoire de la mobilisation populaire. Il devient aujourd’hui impératif de revenir à la politique,
au débat, à la discussion et à la négociation. Le mouvement populaire se devait tôt ou tard de s’organiser en structures politiques représentatives pouvant porter les revendications populaires dans la conférence annoncée. Laisser émerger des figures susceptibles de rénover le système. Le fait que cette organisation ne s’est pas accomplie complique davantage une évolution de la situation qui pourrait échapper à tout le monde. Le pouvoir, qui a indéniablement reculé face à la contestation populaire, se doit aujourd’hui de faire vite et montrer des signes de sincérité. Ne pas, par exemple, justifier légalement l’annulation de l’élection présidentielle s’avère une erreur. Il s’agit impérativement de regagner la confiance des Algériens. Ces derniers, qui ont surpris le monde entier en ayant une attitude d’une grande maturité citoyenne, doivent passer à un autre stade de la revendication, celui de trouver les acteurs sincèrement capables de mener le pays à bon port. Il ne faudrait absolument pas perdre cet élan émancipateur et succomber à un nihilisme qui pourrait offrir des lendemains incertains.