Les formations politiques se réclamant de l’Alliance présidentielle ont applaudi les mesures contenues dans la déclaration du chef de l’Etat, lundi 11 mars. Elles estiment qu’elles répondent aux aspirations et revendications de la rue sans pour autant s’avancer sur ce que sera la période de transition annoncée par M. Bouteflika.

PAR INES DALI
Leurs réactions, prévisibles au demeurant, indiquent un soutien au président de la République et laissent deviner de leur part un regard inquiet sur la rue et les développements qu’elle peut connaître dans les prochaines heures, alors que les manifestations se poursuivent, à Alger notamment. Il est à noter qu’aucune formation de soutien à l’action du chef de l’Etat pour une transition n’a cru toutefois nécessaire de signer un communiqué commun. Chacune d’elle préfère jusqu’ici s’exprimer à part.
Au RND, par exemple, la posture choisie est de faire l’impasse sur la démission de son chef qui a quitté les affaires par la petite porte, au nom de l’union sacrée et du caractère exceptionnel des évènements que connaît le pays depuis le 22 février dernier. Trêve de la disqualification d’Ahmed Ouyahia, place à la « satisfaction profonde » de voir le chef de l’Etat dégager une perspective de sortie de crise en adéquation avec les
« aspirations de la jeunesse algérienne ». Dans un communiqué, le parti estime que la lettre du Président « contient beaucoup d’assurances et de clarifications » et « que le seul souci du Président est la préparation du pays à faire face aux défis futurs qui l’attendent ». Il affirme son soutien à « l’organisation d’une Conférence nationale consensuelle et l’assurance de la mise en place d’une instance indépendante de supervision de la prochaine élection présidentielle».
«La voie proposée répond, dans la majorité des points qu’elle aborde, à des revendications même de l’opposition», ajoute-t-il après un appel à «l’apaisement et à la stabilité de tout le territoire national». A « tous les Algériens », il recommande « de faire preuve de prudence envers tout ce qui peut porter atteinte à la stabilité » du pays.
Le FLN affirme quant à lui, que les décisions annoncées par président viennent «en réponse aux aspirations du peuple algérien à davantage de reformes». Il indique dans un communiqué avoir accueilli avec «une grande satisfaction» les décisions du président relatives au « report de l’élection Présidentielle, à la formation d’un gouvernement de compétences nationales et à la désignation d’une personnalité nationale indépendante pour présider la Conférence nationale inclusive». Selon le parti, l’offre de sortie de crise du chef de l’Etat est «une véritable opportunité offerte à la classe politique et aux composantes de la société civile dont des personnalités du monde de la science et de la culture, en vue d’adhérer et contribuer à l’édification d’une nouvelle République». Il réitère «son entière disponibilité à œuvrer à la concrétisation de ces décisions, aux côtés de l’ensemble des forces nationales, de façon à répondre aux aspirations du peuple, notamment des jeunes, au changement et à leur volonté de contribuer à la construction de leur avenir».
Pour sa part, le MPA salue le «report de l’élection présidentielle du 18 avril prochain, après les manifestations pacifiques importantes qui se sont essentiellement opposées au 5e mandat et qui revendiquent le changement du système politique».
Le parti d’Amara Benyounès déclare espérer que les décisions annoncées «contribueront grandement à l’apaisement de la situation et déboucheront sur le renforcement du processus démocratique» et se dit «engagé, avec l’ensemble des forces politiques, économiques et sociales ainsi que les compétences nationales, à participer activement à la réussite de la Conférence nationale inclusive et indépendante et à contribuer à l’élaboration de la nouvelle Constitution ainsi que toutes les réformes politiques, économiques et sociales nécessaires à l’émergence de la nouvelle République». Le parti TAJ a accueilli également avec «satisfaction les mesures salutaires du Président prises suite aux grandes marches populaires pacifiques». Il appelle le président de la République à «mettre rapidement en œuvre les profondes réformes» et de «garantir une transition en douceur» qui devra déboucher sur le changement de la gouvernance et d’édification d’une nouvelle République». En cette période «historique et sensible que vit le pays», le parti d’Amar Ghoul appelle «toutes les composantes du peuple algérien à la solidarité et au dépassement des clivages», en les invitant à «rapprocher leurs points de vue» et à «faire des concessions, loin des ambitions personnelles et étriquées pour parvenir plutôt à la concrétisation des ambitions citoyennes» et pour «l’édification d’une Algérie sereine, stable, moderne et forte et ayant une place de choix dans le concert des nations». A proximité des formations se réclamant de l’Alliance présidentielle, l’Alliance nationale républicaine (ANR) salue les engagements du Président et «l’issue salutaire qu’il propose après avoir pris acte des revendications citoyennes et répondu à leurs aspirations pour épargner au pays de nouvelles souffrances ». La formation de Belkacem Sahli appelle tous les enfants d’Algérie à «se fédérer autour des mesures proposées par le Président pour le renforcement de la souveraineté de l’Algérie et l’édification d’une nouvelle République».<