Par Wafia Sifouane
Réunie hier en session extraordinaire, l’Intersyndicale de l’Education nationale a maintenu son appel à une grève nationale, aujourd’hui, ponctuée de marches pacifiques à travers le pays. Les six syndicats autonomes composant cette organisation ont décidé à l’unanimité de geler le secteur de l’éducation en appelant l’ensemble des travailleurs à participer en masse à ces actions en soutien au mouvement populaire enclenché le 22 février dernier.
«Les dernières décisions rapportées dans la lettre du président de la République n’ont pas été à la hauteur de nos attentes et ne répondent pas aux revendications du mouvement populaire pacifique. Nous appelons le gouvernement à respecter la volonté du peuple en instaurant une période transitoire avec des personnalités qui seront acceptées par le peuple pour la construction d’une nouvelle Algérie», rapporte le communiqué de l’Intersyndicale.
Après avoir initié deux actions de protestation, le 21 janvier et les 26 et 27 février derniers, pour des revendications liées au secteur de l’Education, l’Intersyndicale a décidé de prêter main forte au mouvement de protestation populaire en décrétant la journée du 13 mars journée de grève nationale pour l’Education.
«Nous sommes sur le terrain depuis de nombreuses années à réclamer les droits des travailleurs, nous avons été témoins du début de ce mouvement contre le 5e mandat que nous ne pouvons que soutenir car nous faisons partie de ce peuple. La grève est maintenue ainsi que la marche. Les travailleurs de l’Education nationale doivent montrer l’exemple aujourd’hui et participer à la construction d’une nouvelle Algérie», a déclaré Idir Achour, secrétaire général du Conseil des enseignants des lycées d’Algérie (Cela).
De son côté, Meziane Meriane, coordinateur national du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), a estimé que cet appel «s’inscrit dans une suite logique des mouvements de protestation déjà initiés par l’Intersyndicale». «Les Algériens ont fait un grand pas en avant en sortant dans les rues revendiquer leurs droits, nous ne pouvons qu’être fiers de nos compatriotes que nous avons toujours défendus. Il est impératif aujourd’hui de rester unis pour exiger le départ d’un système corrompu qui nous a usés», a-t-il déclaré.
Concernant le mouvement de grève déclenché le 10 mars dernier et qui a paralysé de nombreux secteurs, dont celui de l’Education nationale, l’Intersyndicale a tenu à rejeter toute responsabilité face à cette action de débrayage. Elle a même dénoncé le fait que certains directeurs d’établissements scolaires avaient libéré des élèves alors que la tutelle avait exigé, la veille de ce mouvement, des responsables des écoles de garder les élèves en classe. «La seule action à laquelle nous avons appelé est la grève d’aujourd’hui. Les travailleurs du secteur qui ont répondu à l’appel d’une grève générale de cinq jours doivent aujourd’hui assumer leurs responsabilités», a indiqué M. Meriane.