Les compagnies pétrolières russes se disent prêtes à réduire leur production jusqu’en juillet dans le cadre de l’accord global entre l’Opep et les producteurs non-membres de l’Opep, a déclaré, hier, à l’agence de presse Tass le patron de Lukoil. Vagit Alekperov, président de Lukoil, a indiqué, néanmoins, n’avoir pas encore discuté de l’opportunité de poursuivre les réductions au second semestre de 2019.
La Russie est très critiquée sur sa faible contribution à la réduction de l’offre pétrolière décidée le 7 décembre dernier en concertation avec l’Opep et une dizaine d’autres producteurs non-Opep.
La contribution de la Russie est l’une des plus faibles jusqu’ici, mais le ministre russe Alexander Novak a promis, il y a quelques jours, que les réductions allaient être plus importantes d’ici mai prochain. L’engagement des compagnies russes tombe au bon moment, car l’Arabie saoudite, un autre poids lourd du marché pétrolier, a annoncé, hier, que ses exportations n’allaient pas augmenter en avril. Le royaume wahhabite produit encore moins que l’objectif établi par l’Opep et ses partenaires en décembre, et compte réduire davantage ses volumes mis sur le marché durant les mois à venir. «Le mois dernier, des promesses similaires (pour mars) avaient fait gagner autour de 8% au cours du Brent, cela a dû motiver les Saoudiens pour réitérer leurs efforts», ont estimé les analystes de JBC Energy.
Si les deux grosses cylindrées du marché pétrolier venaient à adhérer totalement aux décisions issues des réunions Opep-non-Opep de décembre 2018, lesquelles ont porté sur une réduction journalière de 1,2 millions de barils dès le 1er janvier 2019, les excédents de la production pourraient diminuer, à la condition que l’offre américaine ne reparte au galop trop vite. Les récentes projections de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) sur l’évolution de la production américaine ont quelque peu douché les espoirs d’un retour à l’équilibre du marché. Selon l’AIE, d’ici à 2024, les États-Unis, qui deviendront exportateurs nets de pétrole dès 2021, vont encore alimenter 70% de la croissance mondiale des capacités de production de pétrole, avec 4 millions de barils par jour (mbj) supplémentaires.
Globalement, les capacités de production vont croître de 5,9 mbj d’ici à 2024, malgré un recul attendu en Iran, du fait des sanctions américaines, et au Venezuela, touché par une crise politique et économique majeure.
Les exportations de pétrole du principal port du Venezuela sont au point mort depuis quelques jours déjà en raison de la panne d’électricité. Le pays, membre fondateur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et son président en exercice, a déjà vu son offre limitée par des sanctions américaines contre le groupe pétrolier national PDVSA. Ce ralentissement involontaire de la production vient s’ajouter aux efforts de limitation des exportations volontaires de l’Opep, ce qui a fait remonter les cours durant la journée d’hier, se hissant à plus de 67 dollars le baril pour le Brent et à plus de 57 dollars pour la référence américaine, le WTI. Du reste, les yeux des investisseurs et des analystes restent tournés vers les Etats-Unis, surveillant de plus près l’état des réserves du pays et de sa production. C’est aujourd’hui que l’Agence américaine d’information sur l’énergie doit fournir les données hebdomadaires sur les réserves américaines. Pour la semaine achevée le 8 mars, les analystes tablent sur une augmentation des stocks de brut de 3,05 millions de barils, sur une baisse de 2,95 millions de barils des stocks d’essence et de 1,95 million de barils des stocks d’autres produits distillés (fioul de chauffage et gazole), selon la médiane d’un consensus compilé par Bloomberg.
Les chiffres de la fédération professionnelle de l’American petroleum institute (API), jugés moins fiables par les investisseurs, seront publiés mardi soir.