C’est au lendemain de son retour de Genève que le président Bouteflika a repris les choses en main. Dans un message à la Nation, il a décidé de reporter l’élection présidentielle, de suspendre la Haute instance indépendante de surveillance des élections (Hiise), nommer un Premier ministre et son adjoint.
À côté de ces décisions, Abdelaziz Bouteflika a proposé, en réponse aux manifestations de rue, une batterie de solutions qu’il compte mettre en œuvre. Dans le texte du message, le président Bouteflika a reconnu que sa santé ne lui permet pas de briguer un autre mandat, d’où sa décision de surseoir à cette option. «Il n’y aura pas de cinquième mandat et il n’en a jamais été question pour moi. Mon état de santé et mon âge ne m’assignant comme ultime devoir envers le peuple algérien que la contribution à l’assise des fondations d’une nouvelle République en tant que cadre du nouveau système algérien que nous appelons de tous nos vœux», a-t-il précisé. Il a souligné, dans le même registre qu’«il n’y aura pas d’élection présidentielle le 18 avril prochain», expliquant qu’il s’agit «de satisfaire une demande pressante que vous avez été nombreux à m’adresser dans votre souci de lever tout malentendu quant à l’opportunité et à l’irréversibilité de la transmission générationnelle à laquelle je me suis engagé». Pour couronner toutes ces décisions et engager le pays dans une nouvelle voie, le président Bouteflika a souligné l’importance de changer le gouvernement actuel et qui constitue, selon lui, «une réponse adéquate aux attentes dont vous m’avez saisi, ainsi qu’une illustration de ma réceptivité à l’exigence de reddition de comptes et d’évaluation rigoureuse dans l’exercice des responsabilités à tous les niveaux et dans tous les secteurs». Toutes ces décisions ont pour objectif, la préparation de la Conférence nationale inclusive et indépendante qui sera, selon le contenu du message, «une enceinte dotée de tous les pouvoirs nécessaires à la discussion, l’élaboration et l’adoption de tous types de réformes devant constituer le socle du nouveau système que porte le lancement du processus de transformation de notre Etat-nation». «Cette conférence sera équitablement représentative de la société algérienne comme des sensibilités qui la parcourent», a encore précisé le président, ajoutant qu’elle «organisera librement ses travaux, sous la direction d’une instance présidentielle plurielle, avec à sa tête un Président qui sera une personnalité nationale indépendante, consensuelle et expérimentée». Concernant la présidentielle reportée, le président s’est engagé à ce qu’elle ait lieu «dans le prolongement de la Conférence nationale inclusive et indépendante» et soit «organisée sous l’autorité exclusive d’une commission électorale nationale indépendante, dont le mandat, la composition et le mode de fonctionnement seront codifiés dans un texte législatif spécifique qui s’inspirera des expériences et des pratiques les mieux établies à l’échelle internationale». Toujours concernant la prochaine présidentielle, le président Bouteflika a souligné qu’un «gouvernement de compétences nationales, bénéficiant du soutien des composantes de la conférence nationale», sera mis sur pied, afin «de contribuer de manière optimale à la tenue de l’élection présidentielle dans des conditions incontestables de liberté, de régularité et de transparence». «Ce gouvernement assumera la supervision des missions de l’Administration publique et des services de sécurité et apportera sa pleine collaboration à la commission électorale nationale indépendante». Evoquant le rôle du Conseil constitutionnel, le chef de l’Etat a souligné qu’il «assumera, en toute indépendance, les pouvoirs que lui confèrent la Constitution et la loi en matière d’élections présidentielles». Afin d’assurer l’aboutissement de ces engagements, le chef de l’Etat s’est dit «prêt à ne ménager aucun effort» pour que «les Institutions, structures, démembrements de l’Etat et Collectivités locales se mobilisent pour concourir à la pleine réussite de ce plan de travail». n