L’exposition «Héritages culturels immatériels en Afrique», marquant le lancement officiel de l’activité du Centre régional pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en Afrique (Crespiaf), est ouverte au grand public depuis le 6 mars dernier au Palais de la culture Moufdi-Zakaria et se poursuivra jusqu’au 6 juin prochain.

Cette grande exposition dédiée au patrimoine immatériel africain permet de mettre en valeur le patrimoine immatériel de 27 pays du continent, à travers la présentation d’un élément emblématique par pays, relevant des différents domaines du patrimoine immatériel, en l’occurrence les traditions et expressions orales, les pratiques sociales tels que les rituels et les événements festifs, ainsi que les connaissances et pratiques liées à des savoirs et savoir-faire séculaires.
Il est, cependant, à préciser que l’exposition met en avant une partie des éléments culturels proposés par les Etats africains et retenus sur la liste universelle par l’organisation onusienne dans le cadre de la convention de 2003 sur la sauvegarde du patrimoine immatériel.
Quant à la composition de l’exposition, elle est construite autour de panneaux de grand format mettant en avant des classifications, des présentations explicites, mais aussi des photographies illustrant des éléments proposés pour l’occasion par les Etats africains. Les organisateurs avaient également annoncé des projections audiovisuels de courts documentaires par panneaux avec au total plus de six heures d’images documentées par l’Unesco. Mais, et jusqu’à hier, ces projections n’ont pas encore eu lieu.
Toutefois, à travers les larges panneaux explicatifs, cette exposition permet notamment de découvrir le «Xooy», une cérémonie divinatoire chez les Serer du Sénégal, les chants polyphoniques des pygmées Aka de Centrafrique, la danse du tambour royal du Burundi ou encore «La charte du Mandén proclamée à Kouroukan Fouga». Cette dernière est un patrimoine inscrit par le Mali en 2009 et considéré, depuis sa proclamation au début du 13e siècle par l’empire Mandingue, comme l’une des plus anciennes chartes sociales orales encore conservées de nos jours. Les visiteurs sont également conviés à découvrir le «Sosso-Bala» en Guinée, les danses « Mbende » du Zimbabwe, l’« Isukuti » du Kenya, les danses des communautés gourou de Côte d’Ivoire. Il y a, également, plusieurs autres pratiques liées à la musique et à la fabrique d’instruments, dont la Balafon inscrit au nom du Burkina Faso, ou encore la musique de trompes Bigwala d’Ouganda. Dans cette exposition, la Tunisie est représentée par «la poterie des femmes de Sejnan», le Maroc par la place «Jemâa El Fna», la Mauritanie à travers les poèmes de l’épopée maure T’hyedinne, alors que l’Egypte présente les poèmes d’Al Sirah Al Hilaliyyah.

Le patrimoine immatériel algérien en relief
L’exposition revient également sur le patrimoine immatériel algérien. Les organisateurs ont fait la choix de mettre en avant les sept éléments que le pays a inscrit dès 2008 sur le registre de l’Unesco, notamment, les savoirs et savoir-faire des mesureurs d’eau des foggaras ou aiguadiers du Touat-Tidikelt inscrit en 2018, le pèlerinage annuel au mausolée de Sidi Abd el-Qader Ben Mohammed dit «Sidi Cheikh», inscrit en 2013, ou encore «les rites et les savoir-faire artisanaux associés à la tradition du costume nuptial de Tlemcen», en 2012. Une autre partie de l’exposition est consacrée aux projets d’inscriptions, toujours en cours, sur la liste du patrimoine immatériel de l’Unesco, parmi lesquels le savoir-faire relatif à la distillation de l’eau de rose, le bijou d’Aït Yenni proposés par l’Algérie, ou encore la tradition du couscous, dont le dossier a été déposé à l’Unesco au nom des pays du Maghreb. Pour rappel, ce rendez-vous, organisé par le ministère de la Culture et l’Unesco à l’occasion de l’ouverture à Alger du septième centre mondial de «catégorie 2», placé sous l’égide de l’Unesco, et coïncide avec l’organisation de la première réunion du conseil d’administration du Centre régional d’Alger pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en Algérie.