En apprenant que la nouvelle mouture de la loi sur les hydrocarbures, qui devrait être adoptée avant la fin de l’année, sera plus flexible pour l’investissement étranger, les représentants des grandes compagnies pétrolières et gazières participant à la 9e édition du Salon international North Africa Petroleum & Conférence (Napec), qui se déroule au Centre international des conventions d’Oran, se disent à l’unanimité satisfaits d’une telle prise de décision.

C’est en somme pour eux un retour de l’investissement à grande échelle et « de nouveaux textes de loi tout autant bénéfiques pour l’Etat algérien, en quête d’exploiter de nombreux champs pétrolifères et gaziers », nous ont
affirmé des responsables de stands de compagnies pétrolières que Reporters a pu approcher lors de son passage sur leur espace d’exposition. Certains nous ont même signifié que «l’intérêt du nouveau règlement n’est plus à démontrer à partir du moment où de grands gisements ont pu être identifiés ces dernières années, il devenait tout à fait indiqué de les exploiter et non de les laisser en friche ». D’autres sont allés encore plus loin. « Devant la crise financière que traverse l’Algérie et nonobstant le fait que les pouvoirs publics sont décidés à diversifier l’économie, autrement dit se libérer de la forte dépendance des recettes d’exportation des hydrocarbures, il faut d’ici là renflouer les caisses pour assurer le financement des besoins de consommation du pays et également les équipements et les matières premières, indispensables pour faire tourner l’économie algérienne. » Nos interlocuteurs affirment que les nouveaux textes de lois « pourraient encourager les compagnies à soumissionner sur les appels d’offres lancés par la Sonatrach ».Toujours dans cet ordre d’idées, on apprendra sur le stand de la société pétrolière indonésienne Pertamina qu’elle est prête à soumissionner sur de nombreux périmètres que la Sonatrach a décidé d’attribuer. Il faut savoir que Pertamina exploite deux périmètres en Algérie après qu’ils aient été abandonnés par la compagnie AML.
Cela dit, et si l’on en croit d’anciens cadres dans le secteur des hydrocarbures rencontrés en marge des conférences organisées lors du Napec 2019, c’est un autre son de cloche. En effet, selon Salah Boukkobal, la nouvelle mouture de loi ne va rien changer « si notre administration continue d’afficher de la lenteur dans le traitement des dossiers. C’est ce que redoutent les compagnies pétrolières désireuses d’investir chez nous ». Et de lâcher : «Il est tout à fait regrettable pour le pays que le potentiel minier continue d’être ignoré par nos décideurs.» Il est enfin utile de rappeler dans ce sens que selon un rapport de l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures que 70% de la surface du domaine minier hydrocarbure demeurent encore sous-explorés. Le rapport fait également ressortir que le domaine minier est couvert actuellement par 176 contrats de recherche et d’exploitation d’hydrocarbures. A propos des activités de prospection en cours, le rapport fait ressortir que 18 périmètres, dont 2 dans sa partie offshore, font l’objet d’études menées en partenariat avec des compagnies pétrolières ayant la maîtrise et le savoir-faire technologique. L’ANFT annonce, enfin, qu’elle a lancé quatre études de potentiel de bassins du domaine minier, lesquelles ont été confiées à des bureaux d’études de renom. Un travail de prospection dont les compagnies pétrolières sont avides de connaître les résultats et de se projeter à soumissionner une fois la nouvelle loi promulguée.n