Ce vendredi aura irrémédiablement valeur de test concernant le mouvement de contestation populaire que vit l’Algérie depuis le 22 février. Durant la semaine passée, l’Algérie aura vécu une interminable situation d’interrogations et d’attentisme. Les manifestations massives du 8 mars dernier ont fait passer leur message. Qui semble avoir été entendu. Le pouvoir a proposé une offre de sortie en réponse aux demandes populaires. Le cinquième mandat a été, comme revendiqué, abandonné. Le Président sortant s’est engagé à partir en engageant un processus de réformes profond qui pourrait constituer une véritable sortie de crise qui garantirait un minimum de stabilité. Après l’expression d’une grande satisfaction pour l’annihilation de l’option du cinquième mandat, nombreux sont ceux qui ont exprimé leur rejet des propositions du président de la République, exigeant un changement pur et simple du système. Les réseaux sociaux bruissent de réactions différentes allant du rejet dans la forme et dans le détail de la feuille de route proposée, à celles de considérer les concessions comme autant d’acquis pour le mouvement de contestation. Les plus cohérents considèrent que le pouvoir est un élément de l’équation avec lequel il faudrait « dealer ». Les partis politiques de l’opposition et les personnalités les plus en vue dans le mouvement populaire semblent également rester dans une posture radicale de refus, demandant de continuer la pression afin d’acculer le pouvoir. Ce vendredi, les Algériens, que l’offre de sortie ne semble pas avoir convaincu, devraient l’exprimer dans la rue. Le caractère pacifique des manifestations en Algérie demeure la plus grande chance pour l’avenir de ce mouvement. Reste des questions en suspens. Quelle sera l’ampleur de la protestation de vendredi ? Ce sera en tout cas une véritable épreuve pour les jours à venir. La question du changement au cœur des tractations. Face à la contestation, le pouvoir est appelé à s’ouvrir et à donner des gages pour la construction de la nouvelle Algérie. Les semaines qui viennent seront indéniablement riches en évènements importants pour l’avenir du pays. Les contestations populaires avec des revendications politiques seront en attente de réponses. Le Premier ministre Nourredine Bedoui, dont la mission sera particulièrement ardue, aura à former un gouvernement de transition qui devrait impérativement porter le sceau de la rupture. Il y va de la réussite de ce processus qui devrait être une opportunité pour changer le régime sans passer par une phase périlleuse du vide institutionnel. La question du changement sera inévitablement au cœur des tractations qui devraient incessamment commencer. Il est évident que la dominante jeune des contestataires, la clarté de la revendication -même si elle se décline en différents slogans, le caractère éminemment pacifique du mouvement et l’évidente détermination des manifestants à aller au bout, appellent une réponse. Le pouvoir algérien particulièrement abscons n’avait pas su percevoir ces signes à temps. Aujourd’hui que les gens sont dans la rue et que les nouvelles générations sont en attente de réponses, l’avenir est contraint à se faire dans l’urgence.