par K. Remouche
Sonatrach, en octroyant à la compagnie émiratie un contrat EPC Engineering Procurement (achat d’équipements) construction de 1 milliard de dollars, en vue du développement du nouveau champ de gaz humide de Aïn Tsila qui sera exploité en partenariat avec la firme britannique Petroceltic et l’italienne Enel, vise à en finir avec les problèmes de volume qu’elle connaît ces dernières années. Ce nouveau champ, qui sera mis en service, contribuera à la croissance à moyen terme de la production du gaz du pays. Précisément, le groupement Isarene constitué de Sonatrach, Petroceltic et Enel, a signé hier un contrat confiant à Petrofac les travaux de développement de ce gisement consistant principalement en la réalisation d’une usine de traitement de gaz humide d’une capacité de 12 millions de mètres cubes/jour, la réalisation d’une centrale électrique de 125 MW et d’un réseau de collecte de 110 kilomètres pour le raccordement de 30 puits. Il est prévu également la réalisation d’un système d’expédition de 356 kilomètres, le développement de 120 puits, des pipelines d’export, une installation de traitement des déchets. Arbi Bey Slimane, le vice-président de Sonatrach chargé de l’amont, a indiqué, au cours de la cérémonie de signature, que ce champ situé à 160 kilomètres d’Illizi et à 450 kilomètres au sud-est de Hassi Messaoud, produira 3,5 milliards de mètres cubes par an de gaz sec, 10 550 barils/jour de condensat et 17 117 barils/jour de condensat. Le premier mètre cube de gaz sera extrait dans trois ans selon les clauses contractuelles. Ce gisement a été découvert en 2007 dans le périmètre d’Isarène blocs 228 A et 229 A. En marge de la cérémonie de signature, le P-DG de Sonatrach Abdelmoumene Oulld-Kaddour a indiqué que les volumes de gaz produits à partir de ce champ pourraient servir de matière de base pour les complexes pétrochimiques en cours de construction ou en projets. Un axe prioritaire dans la stratégie Sonatrach 2030. Il a ajouté que le champ de Touat, exploité par Sonatrach et Engie, est entré en production. Il devait être mis en service le 24 février. Ce projet a connu un grand retard dans sa réalisation. Il a une capacité de production de 4 milliards de mètres cubes/an. « D’autres gisements de gaz sont entrés en production, ce qui nous donne des volumes supplémentaires. Mais la demande en Europe sur le gaz est fort modeste aujourd’hui en raison d’un hiver clément », a t-il ajouté.
Sur les discussions avec les compagnies américaines Exxon et Chevron, poursuivies lors de sa récente visite aux Etats-Unis, il a indiqué qu’elles portent sur des projets déjà identifiés, c’est-à-dire des gisements de pétrole ou de gaz déjà ciblés. Quant à savoir si les négociations avec ces géants de l’industrie du pétrole seront finalisées après la promulgation de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, il a ajouté que tout dépendra de la rentabilité des projets de développement de ces gisements. Ce qui veut dire que si les études montrent qu’ils sont rentables avec la loi actuelle, les contrats pourraient être signés avec ces compagnies au courant de cette année. « Il s’agit de gisements dont le développement est complexe. Le gisement de Hassi Messaoud n’est pas concerné par ces discussions », a-t-il précisé. A noter que le bassin d’Illizi où se situe le gisement d’Aïn Tsila est l’une des provinces gazières les plus importantes du pays.
Sonatrach y exploite déjà notamment les gisements d’In Amenas, d’Ohanet d’Alrar et de TFT. Elle prévoit la mise en service à l’horizon 2021-2022 dans cette région de nouveaux gisements, notamment celui Tinhert, qui vont contribuer à une croissance significative de la production de gaz à cette échéance.