« Il est vivant, il a été retrouvé par l’hélicoptère de la gendarmerie », nous informe au téléphone un membre de sa famille. Lui, c’est Achour Saïd ben Hocine, un jeune de 17 ans du quartier Ioualaouène, à Belghenem, dans la commune de Ghardaïa, sorti samedi matin de chez lui et n’a plus donné signe de vie. « Une trentaine de scouts sont partis à sa recherche ratissant tous les lieux à 3 km à la ronde, sans succès. Et 36 heures après sa disparition, l’inquiétude commençait à grandir, et c’est à ce moment que ses parents se sont adressés au wali de Ghardaïa, au commandant du groupement de gendarmerie et du chef de Sûreté de wilaya, leur demandant de l’aide pour le retrouver. Leur demande a reçu un écho favorable et en moins de deux heures, l’hélicoptère de la gendarmerie, qui a pris son envol du tarmac de l’aéroport Moufdi-Zakaria de Noumérat à Ghardaïa, a réussi à le repérer, errant dans le désert, à plus de 120 km de N’tissa, entre Metlili, et Brezina, dans la wilaya d’El Bayadh. « Il était faible, hagard, avait faim et soif mais il était conscient. » Ramené à Ghardaïa, puis conduit à l’hôpital Dr Brahim-Tirichine de Sidi Abbaz pour un contrôle médical approfondi, il a été remis à sa famille en présence de la presse qui a largement couvert cette heureuse issue. Son père, qui était à ses côtés au siège de la gendarmerie, a tenu à remercier tous ceux qui se sont mobilisés pour retrouver son fils, à commencer par le wali de Ghardaïa, le commandant du groupement de gendarmerie, le chef de Sûreté de wilaya, les scouts musulmans et tous les bénévoles qui « les ont aidés et soutenus moralement ». Pour rappel, c’est la deuxième opération de recherche réalisée en moins d’un mois par hélicoptère et qui a permis de retrouver des citoyens égarés dans le désert. En effet, Tahar Chebir, âgé de 20 ans, et Mabrouk Boulghiti, 50 ans, deux habitants de la ville d’El Menéa, à 270 km au sud de Ghardaïa, étaient partis, en compagnie de trois autres amis à bord de leurs motos, cueillir en plein désert des truffes sauvages, appelées localement terfesse. Ils s’engouffrèrent à plus de 50 km à l’intérieur du grand erg occidental et se séparèrent pour s’apprêter chacun de son côté à dénicher le fameux tubercule, en se fixant comme heure de retour le jour même à 17 heures. Le soir même, à 20 heures, trois sur cinq sont revenus chez eux, et il manquait deux autres à l’appel. Ce n’est que le lendemain, lorsqu’il a été confirmé qu’ils n’étaient toujours pas revenus, que l’inquiétude a commencé à gagner leurs amis et proches. Un convoi de volontaires, à bord de 4 x 4, est parti à leur recherche et pendant trois jours a sillonné, en long et en large le grand erg occidental avant de retrouver les motos des deux disparus à plus de 50 km du lieu de séparation des cinq amis partis ensemble, soit à plus de 100 km à l’intérieur du grand erg occidental. Mais point de leur présence, ils sont restés introuvables. Inquiets pour leurs vies, les parents et proches des deux disparus se sont alors rendus au siège du secteur militaire d’El Menéa, sollicitant la mobilisation des hélicoptères des forces aériennes stationnées à l’aéroport de la ville éponyme. Immédiatement, après une brève réunion avec Ahmed Dahmani, le wali délégué de la circonscription administrative d’El Menéa, deux hélicoptères de l’armée ont pris leur envol pour se lancer à leur recherche. Il n’a fallu que quelques heures pour que l’un des deux hélicoptères les repère dans l’immensité désertique du grand erg occidental. Ils étaient exténués, ils avaient faim et soif, mais ils étaient vivants. Récupérés au sol, ils ont été déposés à Metlili, la ville la plus proche, où ils ont été immédiatement admis à l’hôpital de la ville, à 45 km au sud de Ghardaïa, où ils ont été rapidement pris en charge médicalement. Après avoir passé une nuit à l’hôpital de Metlili, ils ont été ramenés chez eux à El Menéa, où ils ont retrouvé leurs familles, leurs proches et leurs amis. En fait, même si les hélicoptères pour la recherche de personnes égarées dans le désert restent d’un très grand apport, il faut quand même saluer la célérité des autorités qui se sont, à chaque fois, très rapidement mobilisées pour retrouver des citoyens en détresse dans l’immensité désertique de notre Sahara. O. Y.