Les organisateurs du Napec 2019 (Salon professionnel international de l’industrie pétrolière et gazière en Afrique du Nord), qui s’est tenu du 10 au 13 mars courant au Centre international des conventions d’Oran, ont réservé un très grand espace à des étudiants et étudiantes de nombreuses universités des sciences et technologies.

C’était l’occasion pour eux d’exposer leurs maquettes et projets, réalisés avec souvent peu de moyens, aux visiteurs et participants de ce grand rendez-vous professionnel et économique. Ces jeunes pleins d’idées et de talent, qui ne demandent qu’à concrétiser leurs projets novateurs, se disent tout à fait outrés par l’indifférence des responsables et des institutions censés les aider, ou du moins les encourager, dans leur démarche pour faire avancer leur projet. « Nous pourrons facilement devenir de futurs dirigeants de l’industrie pétro-gazière en nous intégrant dans le secteur des hydrocarbures et de l’énergie, ici ou dans d’autres pays d’Afrique du Nord, mais à force d’attendre, sans aucun retour d’écoute, nous perdons tout espoir», ont-ils lâché. L’un deux, Yasser Baten, 22 ans, étudiant à la faculté des hydrocarbures de l’université Kasdi-Merbah (Ghardaïa), redoute fort que le cursus terminé il se retrouve parmi les porteurs de projets sans débouché. Une appréhension tout à fait compréhensible dans la mesure où ce petit génie en compagnie d’autres étudiants de sa région a conçu un projet intitulé « Dropotex Bulding Project » qui «permet grâce à un système de gestions automatisée de venir à bout des problèmes techniques dans les grandes installations industrielles», nous a-t-il expliqué. Toutefois, Yasser et ses camarades ne nous ont pas caché leur joie de participer au Napec. « Je peux interpréter cette invitation à participer au Napec comme une sorte de petite considération de la part des responsables du secteur des hydrocarbures », dira notre interlocuteur.
Par contre, un de ses partenaires de projet nous a confié que « lors d’une compétition, qui a regroupé plus de 50 établissements universitaires de renommée mondiale, le Doprotex Buldiging était dans le classement des 10 meilleurs projets ». Et de nous préciser : « C’est le fruit de nos connaissances et aussi de notre persévérance.» Un concepteur dudit projet nous a fait savoir que les étudiants de l’université de Ghardaïa ont permis à l’Algérie de se distinguer dans cette compétition. «C’est le seul pays arabe et africain présent dans le palmarès des meilleurs projets novateurs», a-t-il souligné. Comme ce dernier nous a expliqué que leur projet entre actuellement dans sa deuxième phase d’essais techniques, mais que «le problème de financement reste l’obstacle majeur qui entrave l’avancement des travaux pratiques dirigés par une équipe d’étudiants jeunes et motivés».
Autre exemple de projets d’étudiant, qui mérite d’être cité, celui de ce groupe de l’université de Skikda.
Le travail de recherche de ces derniers porte sur la valorisation énergétique des déchets organiques pour la production agricole. Kahlaoui Mohamed El-Ghazali, étudiant en master en génie pétrochimique, contrairement à ses pairs de Ghardaïa, nous a annoncé que son projet intéresse beaucoup de cadres responsables de la raffinerie de Skikda. « Pour preuve, ils ont contacté les responsables de notre université afin de trouver les moyens nécessaires pour aider ces étudiants et examiner les procédures de financement de la phase technique du projet», nous a-t-il révélé avec beaucoup d’enthousiasme. «De loin, il peut paraître que notre projet n’a rien à voir avec le secteur des hydrocarbures, mais si vous observez de près, vous allez vous apercevoir que l’idée principale qui oriente nos recherches et notre travail, c’est de faire dans l’économie circulaire et cela va dans le même sens que la stratégie engagée par les autorités publiques, à savoir la diversification des ressources afin de limiter les effets de la dépendances aux hydrocarbures, dans un contexte marqué par la stagnation des marchés», nous a expliqué Ahmed, cet autre auteur du projet de l’université de Skikda cité plus haut.
Notons enfin que tous les projets des étudiants présentés lors du Napec 2019 démontrent toute leur détermination à poursuivre leurs objectifs de recherche pour peu que les parties prenantes s’impliquent davantage. C’est là tout la problématique.