La décision prise par Abdelaziz Bouteflika d’annuler le scrutin présidentiel du 18 avril et de renoncer au 5e mandat continue de provoquer des réactions sur la scène internationale, marquée notamment par des appels au dialogue, mais, également, au respect de la volonté populaire qui s’exprime depuis trois semaines sur la place publique en revendiquant le changement.
Après la France et la Russie, les Etats-Unis ont réagi, à leur tour, aux événements qui marquent l’actualité politique algérienne. Washington s’inscrit dans une dynamique de soutien à «l’initiative» du président de la République précisant, néanmoins, qu’elle doit se faire un chemin sous escorte d’un dialogue qui restitue au peuple algérien ses droits d’exprimer et de faire entendre sa volonté. «Nous soutenons les efforts en Algérie pour trouver une nouvelle voie pour (l’avenir) basée sur un dialogue qui reflète la volonté de tous les Algériens et leurs aspirations à un avenir pacifique et prospère», a déclaré le porte-parole du département d’Etat, Robert Palladino, lors d’un point de presse, en réponse à une question sur l’annonce de Abdelaziz Bouteflika du report de l’élection d’avril et sa décision de ne pas postuler à un 5e mandat.
La position de Washington repose d’abord sur le soutien au peuple algérien et à son droit à des élections «libres et équitables», a précisé le diplomate américain. «Nous suivons de près les informations selon lesquelles l’élection présidentielle en Algérie a été reportée et nous soutenons le droit du peuple algérien de participer à des élections libres et équitables, comme nous le faisons partout dans le monde», a-t-il soutenu.
De son côté, l’Union européenne a réagi au report de l’élection en Algérie en insistant sur «les libertés d’expression et de manifestation consacrées dans la Constitution algérienne». Ces droits «doivent être exercés par des moyens pacifiques et assurés dans le respect de l’Etat de droit», a souligné la porte-parole de l’UE, Maja Kicijancic. Le Canada, qui accueille une forte communauté d’Algériens, suit également «de près» l’évolution de la situation en Algérie et considère que les autorités algériennes doivent «fixer sans délai une nouvelle date» pour l’élection présidentielle.
«Nous encourageons le gouvernement algérien à fixer sans délai une nouvelle date pour la tenue de l’élection», a indiqué Ottawa, notant que «la gouvernance de l’Algérie, y compris le choix du président, est une décision qui revient au peuple algérien». Parmi les pays voisins, c’est la Tunisie qui a réagi à la décision de report du scrutin
du 18 avril.
Pour le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, cité par l’agence TAP, «les affaires internes» de l’Algérie, pays voisin du grand Maghreb, «concernent exclusivement les Algériens».
Pour rappel, la France a été le premier pays à réagir au contenu du message adressé par le président de la République au peuple algérien. «Je salue la décision du président Bouteflika, qui signe une nouvelle page dans le développement de la démocratie algérienne», a déclaré le président français, Emmanuel Macron, souhaitant que la conférence nationale inclusive annoncée puisse s’organiser dans «les prochaines semaines et les prochains mois» afin qu’elle débouche sur une «transition d’une durée raisonnable». La Russie a, pour sa part, mis en avant la nécessité de privilégier le dialogue national et préserver la stabilité pour le règlement de la situation en Algérie. «Nous souhaitons la poursuite du règlement des problèmes que traverse le pays, de manière constructive et responsable, à travers un dialogue inclusif et en focalisant sur la préservation de la stabilité et des conditions favorables au progrès à la faveur de réformes politiques, sociales et économiques dans l’intérêt de l’ensemble du peuple algérien», a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.