A partir du mois de mai, les opérateurs seront obligés de se plier aux règlements de l’étiquetage en fournissant aux consommateurs des informations détaillées et précises sur les matières utilisées dans la fabrication des produits alimentaires.

Dans une conférence ce jeudi au Palais des expositions dans le cadre de la Journée mondiale des droits des consommateurs, le ministre du Commerce, Saïd Djellab, a indiqué que cette exigence a fait l’objet d’une décision interministérielle afin de permettre au consommateur de mieux sélectionner les produits dont il a besoin. Dans son message lu par Aïssa Bekai, directeur central de la commercialisation au ministère du Commerce, Djellab a évoqué également l’amendement de la loi relative aux consommateurs grâce auquel un nouveau droit a été introduit, à savoir celui de rendre le produit au commerçant dans le cas où il ne répond pas aux normes. Cet amendement a permis, en fait, de définir les conditions de l’après-vente. Il a signalé également l’élaboration de textes législatifs et réglementaires, avec le concours d’autres secteurs et le mouvement associatif, concernant des produits spécifiques pouvant constituer un risque pour la santé des consommateurs. «Nous avons veillé, par ailleurs, à prendre en charge l’une des préoccupations de l’Association de protection et d’orientation des consommateurs et de l’environnement (Apoce). Désormais, en effet, cette dernière a sollicite les laboratoires publics pour effectuer les analyses sur les produits alimentaires et nous rendre compte des résultats», a-t-il souligné, estimant que la célébration de la Journée mondiale des droits des consommateurs est une occasion pour rappeler aux opérateurs les règles de la concurrence et des échanges commerciaux et les sensibiliser sur les droits des consommateurs. Pour le président de l’Apoce, M. Mustapha Zebdi, cette journée est une occasion aussi pour évaluer la situation des droits des consommateurs et relever les lacunes. «Avec certains secteurs, tel le commerce, nous travaillons en harmonie. Mais pas avec d’autres, comme celui du tourisme et des transports. Les consommateurs, en fait, ne sont pas encore conscients de tous leurs droits», déplore-t-il, jugeant que la protection des droits des consommateurs est une affaire partagée entre pouvoirs publics, opérateurs et associations. Surtout, souligne-t-il, quand il s’agit de nouveaux modes de consommations, comme le e-commerce. A ce propos, le ministre a reconnu dans son message que les transactions commerciales en ligne sont une source d’appréhensions de la part des consommateurs. D’où, rappelle-t-il, l’adoption de la loi sur le e-commerce et le registre de commerce électronique. D’après Siham Lakroute, cadre au ministère du Commerce, seuls 53 opérateurs activant dans le e-commerce sont conformes à la loi sur le commerce électronique. «Ceux qui ne le sont pas encore sont appelés à se conformer à la loi et s’immatriculer au registre de commerce électronique», a-t-elle indiqué. Cela est une nécessité, dira M. Zebdi, relevant que la confiance entre le consommateur et les e-opérateurs ne peut s’établir et que le e-commerce ne peut se déployer si la vente en ligne se fait au noir.