L’exposition intitulée «Emergence», accueillie depuis le 2 mars dernier sur les deux niveaux du Palais 17 du Bastion 23,  met en avant le travail d’étudiants de l’Ecole des Beaux-Arts d’Alger, en proposant aux visiteurs la découverte d’une sélection d’œuvres contemporaines pour la plupart.

En effet, constituées de près d’une cinquantaine de pièces, réunies grâce à l’action de l’artiste, Omar Meziani, professeur et aujourd’hui commissaire de l’exposition, des installations, des sculptures, mais surtout des peintures abstraites, des aquarelles ou encore d’autres inspirées de la calligraphe traditionnelle, ont été présentées par les étudiants. Les différents exposants, faisant partie du collectif des étudiants des beaux-arts d’Alger, ont été réunis grâce notamment à l’implication de l’étudiante en art Célia Messaoud-Nacer.
Célia Messaoud-Nacer nous explique à propos de l’organisation de l’événement qu’elle a fait appel à ses camarades. «En fait, à l’Ecole des beaux-arts, nous nous connaissons presque tous, quelles que soient les spécialités d’études. Je connais à peu près le parcours de tous. C’est comme cela que nous avons sélectionné les œuvres, mais cela a été fait de façon subjective par rapport aux travaux qui nous plaisent. Le seul critère a été de choisir des personnes qui ne font pas de l’hyperréalisme», a-t-elle indiqué.
L’exposition constitue, ainsi, une opportunité d’émergence pour des étudiants dans un contexte où le travail des jeunes artistes ou futurs artistes n’est pas souvent mis en avant. Notre interlocutrice nous précise en substance que chaque étudiant des beaux-arts «espère aboutir à une carrière artistique». Célia Messaoud-Nacer ajoute qu’une telle exposition collective, qui permet de faire connaître de tels travaux, «est toujours la bienvenue».
La jeune artiste présente elle-même une série de toiles où elle exprime une vision de l’humain, de ses douleurs et de ses peurs, peut-être. Dans la présentation de l’exposition, elle souligne dans le catalogue : « Je travaille sur le corps, toujours défiguré. Inlassablement perdu et recroquevillé sur lui-même ou sur un autre. Le corps est, pour ma part, un second visage grimaçant, presque aussi expressif que le premier.» Elle ajoute, à propos de ce corps, qu’«il révèle la douleur de l’être qui l’habite, son espoir, sa timidité…» Concluant : « Et lorsque cet être est infiniment partagé entre la peine et tout son contraire, eh bien, on le verra sur ma toile.»
Il est à souligner que le rendez-vous du Bastion 23, qui fait suite à la présentation de certaines des œuvres de la jeune étudiante des beaux-arts, lors d’un précédent événement intitulé « Abwab » et qui avait été mis en place par l’artiste Karim Sergoua à la galerie Espaco, aura également bénéficié d’une couverture médiatique plus importante qu’à l’accoutumé, Célia Messaoud-Nacer note à ce titre qu’il «est rare qu’une telle opportunité soit offerte et quand cela arrive, l’on en entend pas forcement parler. Cette fois, nous avons néanmoins eu la chance de passer à la radio, en plus de quelques articles dans les journaux». n