L’Algérie a célébré jeudi 14 mars la Journée nationale des personnes handicapées, instaurée depuis 2002 à la faveur de la loi 02-09 relative à la protection et à la promotion des personnes à mobilité réduite. A Ghardaïa, cette journée a été marquée par une cérémonie organisée par la direction de l’action sociale (DAS) au Centre psychopédagogique de Berriane, à 45 km au nord du chef-lieu de wilaya.
L’ambiance conviviale a été marquée par des activités diverses à caractère culturel, telles que des pièces théâtrales, des expositions et des danses présentées par les enfants handicapés, pris en charge au niveau de cet établissement spécialisé. Des cadeaux ainsi que 14 fauteuils roulants, 5 voiturettes et 12 paires de lunettes de vue ont été remis aux intéressés. Le directeur de l’action sociale de la wilaya de Ghardaïa, Mohamed Lakhdar Younsi, a rappelé lors de son intervention que cette catégorie « mérite d’être prise en charge pas seulement par l’Etat, mais aussi par toute la société, car les personnes handicapées contribuent elles aussi au développement de notre société ».
Appuyant ses dires, le wali de Ghardaïa, qui a rappelé que le handicap est en fait dans la tête, beaucoup de handicapés ont démontré leurs capacités et leurs talents, citant entre autres Taha Hussein. Avant de citer en exemple le centre psychopédagogique privé d’El Atteuf « Errahamatte » qui s’autofinance lui-même en créant des activités commerciales telles le conditionnement de dattes et sa vente dans des sachets appropriés. Selon le directeur de l’action sociale, Mohamed Lakhdar Younsi, la wilaya de Ghardaïa compte pas moins de 2 891 handicapés qui bénéficient d’une pension de 4 000 DA/mois et 900 scolarisés. Souvent marginalisée, malgré les efforts consentis par l’Etat pour une prise en charge effective de cette catégorie sur le plan socioprofessionnel, cette frange vulnérable de la société souffre de problèmes d’accessibilité, d’insertion éducative et comme l’a si bien rappelé le wali de Ghardaïa, d’insertion professionnelle. Les handicapés ne cessent de réclamer la nécessité d’augmenter le nombre de structures et d’organes de prise en charge, estimant, dans ce sens que la mise en place de structures adéquates reste insuffisante, mais aussi d’appliquer la loi, en installant des voies d’accessibilités aux sites de travail et de toutes les administrations et lieux publics.
En effet, « il est aisé de constater que les infrastructures et les transports sont vraiment inadaptés », dira une cadre handicapée d’une importante institution financière de Ghardaïa. Ajoutant « il est temps de revoir toutes les dispositions de la loi et les faire scrupuleusement appliquer sur le terrain si on veut vraiment commencer à prendre en considération cette tranche de la population. » n