Le vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a réitéré, jeudi à Alger, le refus catégorique de l’Algérie de toute ingérence étrangère dans ses affaires internes. Une mise au point diplomatique suite aux différentes réactions formulées par des capitales occidentales au lendemain de la décision du chef de l’Etat de reporter l’élection présidentielle, initialement prévue pour le 18 avril prochain. M. Lamamra a indiqué, lors d’une conférence conjointement animée avec le Premier ministre Noureddine Bedoui, que par son histoire et ses convictions, l’Algérie, «avec toutes ses franges sociales et ses différentes obédiences politiques, refuse par principe toute ingérence étrangère dans ses affaires internes». Il a relevé, dans ce cadre, que «l’intérêt porté à ce qui se passe en Algérie est compréhensible, mais que toute ingérence est catégoriquement refusée».
Les articles parus dans la presse et les déclarations de responsables d’autres pays «sont devenus courants dans notre monde actuel. Même l’Algérie fait cela. Cependant, l’intérêt doit être porté sur la base des relations d’amitié qui nous lient avec tout autre Etat dans le monde, un intérêt qui doit être naturellement réciproque et mutuel», a estimé le vice-Premier ministre. «On commente l’actualité politique nationale et internationale, et c’est normal que les autres Etats réagissent de la sorte, sans que cela leur permet de s’ingérer dans les affaires internes du pays. L’intérêt est accepté, mais l’ingérence est refusée», a souligné le vice-Premier ministre. Dans le même sillage, il a appelé tout un chacun à faire preuve de vigilance, affirmant que «l’Etat dispose d’une grande expérience en matière de maintien des plus hauts niveaux de vigilance pour défendre la décision libre et indépendante du peuple algérien». «L’Algérie est un grand pays influent qui a un rôle leader sur la scène internationale et a tissé des partenariats avec de nombreux pays», a-t-il soutenu, rappelant que tous les pays «souhaitent que l’Algérie continue à jouer son rôle sur les scènes nationale et internationale». Alors que des députés ont démissionné, et que ceux de l’opposition boycottent les plénières pour «non-respect de la volonté populaire» et «piétinement les lois de la République», le vice-Premier ministre a affirmé que les deux chambres du Parlement «vont continuer à travailler jusqu’à l’élection d’un nouveau Président dans le cadre de la continuité à l’issue de la conférence nationale à laquelle a appelé le président Bouteflika». «Toutes les institutions de la République continueront à fonctionner normalement, jusqu’à ce que le peuple algérien ait choisi librement son successeur». Dans la même dynamique, il invite les partis de l’opposition à rejoindre le prochain gouvernement. «On a des préoccupations, des soucis et des défis à relever qui sont plus importants que leur prétention à pouvoir réaliser cette mission historique de transition seuls», a dit le vice-Premier ministre à l’adresse des partis de l’opposition et de la société civile. Il a, à cet effet, soutenu que le pays «a besoin des efforts et de la persévérance de tous les acteurs politiques, car nous sommes est dans une conjoncture qui oblige qu’on serre nos rangs pour une meilleure vision de l’avenir du pays».<