Ramtane Lamamra, le nouveau vice-Premier ministre et chef de la diplomatie du pays, multiplie les interventions médiatiques, et entame des discussions avec les partenaires de l’Algérie pour expliquer en quoi consiste le plan de sortie de crise formulé par le chef de l’Etat. Il se rendra mardi 19 mars à Moscou pour rencontrer son homologue Sergueï Lavrov. La Russie envisage ainsi de recueillir des «informations de première main» concernant la situation dans le pays suite au report de l’élection présidentielle prévue initialement le 18 avril prochain. L’annonce a été faite par le ministère russe des Affaires étrangères et diffusée hier par l’agence de presse Sputnik, entre autres médias russes. Lamamra va tenter, lors de sa visite moscovite, de convaincre Moscou de la viabilité politique de ce plan et de la sincérité des autorités en place. Fin diplomate, très à l’aise sur le plan politique, il essayera de faire passer le bon message. Le chef de la diplomatie algérienne s’attellera à expliquer une approche globale adoptée par l’Etat algérien, en souhaitant que cela soit compréhensible par la partie russe a fortiori dans le contexte d’aujourd’hui. Sur fond de protestations de masse qui ont eu lieu en Algérie ces dernières semaines, le chef de l’Etat a pris la décision de ne pas briguer un cinquième mandat, de reporter la présidentielle programmée pour le 18 avril et de procéder à un vaste remaniement gouvernemental. La Russie a réagi à cette annonce en qualifiant les événements en Algérie « d’affaire strictement intérieure d’un pays ami ». Moscou a également espéré que ces problèmes seront résolus dans le cadre « d’un dialogue national ». La France a
« salué », elle, la décision de Bouteflika de « ne pas briguer un cinquième mandat ». La semaine dernière et en exclusivité pour RFI, Ramtane Lamamra s’est exprimé et affirmé que des élections libres auront lieu avant la fin de l’année. Il a également expliqué qu’il appartient maintenant aux femmes, aux hommes et surtout aux jeunes de ce pays de se hisser au diapason de cette responsabilité historique. Nous n’avons pas, a-t-il ajouté, le droit à l’erreur. Je crois qu’ensemble nous bâtirons cet avenir. Mercredi dernier, Ramtane Lamamra a expliqué que les consultations en vue de la formation d’un gouvernement étaient en cours. Ce gouvernement sera chargé d’appliquer la feuille de route présentée dans la lettre d’Abdelaziz Bouteflika. Il a également affirmé que ce dernier « restera en poste jusqu’à l’aboutissement du travail de la conférence nationale et jusqu’à l’élection d’un nouveau président de la République ». L’élection présidentielle du 18 avril supprimée, Ramtane Lamamra annonce que le mandat des institutions se prolonge : « Toutes les institutions de la République continueront à fonctionner normalement, y compris l’institution présidentielle, jusqu’à ce que le peuple algérien ait librement choisi son successeur auquel il remettrait les charges de la présidence de la République. Mais du côté de la société civile, on regarde d’un mauvais œil les mesures prises pour répondre à la contestation. Pour certains observateurs, le régime continue à imposer ses choix sans concertation.