Dans le but de faciliter l’accès des PME aux marchés des groupes industriels publics, cinq conventions ont été signées en 2018 entre la Bourse algérienne de sous-traitance et du partenariat (Bastp) et ces donneurs d’ordres, a-t-on indiqué en marge du 5e Salon national inversé de la sous-traitance (Sanist-2019), qui s’est tenu du 11 au 14 mars au palais des expositions de la Safex (Alger). Sont concernés par cette convention le Groupe industriel des ciments d’Algérie (Gica), le Groupe mécanique public (AGM), le Groupe Elec El Djazair, le Groupe Imetal, ainsi que la Société nationale des véhicules industriels (Snvi), a indiqué le secrétaire général de la Bastp, Ramdane Toukal. Ces donneurs d’ordres pourront ainsi recevoir, à leur demande, des listes de sous-traitants locaux susceptibles de répondre à leurs besoins en matière de pièces détachées et autres fournitures industrielles fabriquées localement. D’autres conventions de même type «sont en cours d’élaboration» avec les groupes Sonatrach et Sonelgaz. Regroupant un millier de sous-traitants, la Bastp compte «faciliter l’accès à ses membres aux activités prioritaires menées par les donneurs d’ordres (publics et privés) notamment ceux investis dans l’industrie mécanique et l’énergie», a expliqué son SG.
Cette démarche permettra, a-t-il souligné, «d’instaurer une synergie entre le réseau de sous-traitants nationaux et les donneurs d’ordres, de renforcer la compétitivité de la sous-traitance locale, d’augmenter le taux d’intégration national et de réduire les coûts de leurs produits finis», et, surtout, « l’identification des pièces industrielles importées pouvant être fabriquées en Algérie ou qui le sont déjà mais dans l’anonymat». Chaâbane Abderezak, conseiller technique auprès de la Bastp, dira que les conventions signées avec les groupes industriels publics ont permis à plusieurs sous-traitants nationaux de décrocher des marchés auprès des donneurs d’ordres. Il citera, à ce propos, le cas du Groupe industriel des ciments d’Algérie (Gica) qui a «introduit plusieurs PME algériennes dans sa chaîne de fournisseurs de pièces industrielles, nécessaires à ses installations de fabrication de ciment». M. Abderezak, lui-même patron d’une entreprise de sous-traitance industrielle, ne manque pas de se réjouir de la qualité des produits, «fiables» et «concurrentiels», que présentent les sous-traitants locaux, et qui leur permettent de s’imposer. Dans le cas de l’industrie mécanique, le même conseiller rappellera que des constructeurs automobiles installés en Algérie sont actuellement en négociation avec des PME locales pour la fourniture de produits comme les batteries, les pare-brise et les tuyaux d’échappement. Il expliquera que le processus des négociations passe par plusieurs étapes avant de parvenir à la signature de contrats. M. Abderezak évoquera, à l’occasion, les projets lancés par la direction centrale du matériel relevant du ministère de la Défense nationale (MDN), notamment la fabrication et le montage des véhicules lourds et légers. Ces projets constituent une «véritable locomotive de la sous-traitance nationale», a-t-il soutenu. Pour rappel, le MDN compte quatre sociétés activant dans l’industrie automobile, à savoir la Société algérienne de fabrication de véhicules blindés légers (Nimr Algérie Spa), la Société algérienne de fabrication de véhicules spéciaux (Rheinmetall Algérie Spa), la Société algérienne pour la production de poids lourds Mercedes-Benz (SAPPL-MB Spa) de Rouiba (Alger) ainsi que la Société algérienne pour la fabrication de véhicules de marque Mercedes-Benz (Safav-MB) de Tiaret. Plusieurs sous-traitants nationaux ont réussi, selon M Abderezak, à décrocher des marchés avec ces sociétés de fabrication des véhicules relevant du MDN.
Le représentant du Groupement de promotion de l’industrie mécanique (Gpim), le capitaine Yacine Hamiche, affirme, de son côté, que le MDN recourt à plusieurs entreprises algériennes pour couvrir ses besoins en pièces et composants dans son industrie mécanique. Il citera les carrosseries, la câblerie, la peinture et certaines pièces mécaniques fabriquées localement, soulignant qu’un département de prospection et de choix de fournisseurs a été installé à cet effet au sein du MDN.
Ce département, a-t-il expliqué, est «en relation permanente avec les sous-traitants algériens pour lesquels il fournit des catalogues contenant les besoins de ses sociétés de fabrication de véhicules et les invite à lui présenter leurs produits pour devenir d’éventuels fournisseurs».n