La crise politique et institutionnelle dans laquelle se retrouve l’Algérie semble particulièrement inédite. Une équation à inconnues multiples qui engage l’avenir des Algériens. La situation reste particulièrement inquiétante et seule la bonhomie des marches, véritables expressions de gaité des Algériens, arrive à atténuer un tant soit peu l’appréhension. Il semble apparent que la solution ne peut venir d’un seul acteur mais bien d’une conjonction d’efforts dans le but de réinstaller un minimum de confiance pour pouvoir concevoir une issue. Une issue qui permettra à l’Algérie de passer à une étape qualitative de sa construction. Aujourd’hui, l’Algérie a besoin de tous ses enfants, les plus intègres et les plus crédibles, pour faciliter une transition qui ne peut se faire sans soubresauts. Le mouvement populaire est en attente de réponse des décideurs, avec un plafond d’exigence légitime, celui d’un changement du système. Pour une Algérie nouvelle en adéquation avec les ambitions de sa population jeune et qui regarde vers l’avenir. La situation extraordinaire dans laquelle se trouve aujourd’hui l’Algérie est probablement une grande occasion pour opérer une transformation des règles de fonctionnement, qui avaient maintenu le pays dans un état de blocage qui paraissait fatal. L’Algérie avec ses richesses et ses moyens humains mérite, en effet, largement mieux qu’une gouvernance qui perpétue le sous-développement à des niveaux divers et variés. Qui produit des Algériens dont le but suprême est d’immigrer en Europe ou au Canada. Plusieurs personnalités ont plaidé hier pour le retour au processus électoral, aujourd’hui que la situation est arrivée à des degrés de tension où il devient difficile d’imaginer l’avenir proche. Le retour dans les plus brefs délais à la légalité institutionnelle semble être le moyen le plus rapide pour éviter le pire. Celui qu’avaient connu certains pays arabes. Les Algériens sont face à un grand défi : réussir une transition vers le meilleur avec le minimum de dégâts.