Par Raphaëlle PELTIER
Lewis Hamilton et Mercedes commencent 2019 comme ils avaient terminé 2018: en pole ! La paire a surmonté le retard affiché sur Ferrari lors des essais d’avant-saison pour aborder en favoris le premier Grand prix de Formule 1 de l’année, dimanche en Australie. Après avoir dominé les essais libres depuis vendredi, le quintuple champion du monde n’a guère eu à s’employer en qualifications samedi pour battre son rival allemand Sebastian Vettel, auteur du troisième chrono à 7/10 au volant d’une des deux monoplaces italiennes. Les deux hommes forts des deux dernières années s’en sont dits «surpris», voire «choqués», à l’image des observateurs qui prophétisaient majoritairement un début de saison favorable aux rouges, dont les performances en tests laissaient penser qu’ils avaient mieux négocié les changements de règlement en matière d’aérodynamique. Alors que Mercedes ne cessait de clamer que Ferrari était une demi-seconde plus rapide sur un tour, la prédiction ne s’est pas vérifiée. La première première ligne de 2019 sera «100% Flèches d’argent», Hamilton ayant réalisé un dernier tour irréprochable ou presque, récompensé par le nouveau record du circuit de l’Albert Park de Melbourne (1:20.486), pour devancer son coéquipier finlandais Valtteri Bottas de 1/10 seulement. «Il est difficile de réaliser pleinement ce qui se passe après une séance pareille. J’ai vraiment dû sortir quelque chose de spécial pour être devant», a confié le Britannique.
Mercedes «revient de loin»
Alors, son écurie a-t-elle bluffé ou simplement progressé ? «Après les tests, nous pensions avoir une bonne monoplace sur laquelle travailler, mais nous croyions vraiment être derrière», assure Hamilton. Lors de la deuxième semaine d’essais (à Barcelone en février) et lors des deux qui ont suivi, «nous avons simplement commencé à comprendre la voiture mais nous n’avons pas apporté d’évolution» à Melbourne. «Nous sommes revenus de loin depuis Barcelone, abonde Bottas. Je ne pense pas que qui ce soit s’attendait à un tel résultat après les tests, mais tout le monde a énormément travaillé, ce qui nous a permis de réaliser cela». A sa sortie de voiture, Vettel, que les erreurs en piste ont privé du titre en 2017 et 2018 face à un Hamilton infaillible, n’a pas caché sa déception. «Hier (vendredi) n’était pas une bonne journée. Aujourd’hui (samedi) était meilleur mais pas en termes de rythme et de performance, a-t-il regretté. Nous devrions être meilleurs que ça». «Avec un tel écart en qualifications, Mercedes devrait être favorite mais demain (dimanche) est un autre jour, a-t-il poursuivi. Nous pouvons gagner, nous l’avons déjà fait (sans partir en pole, ndlr). Particulièrement ici». L’Allemand sait de quoi il parle: il s’est imposé à Melbourne en partant de la troisième place sur la grille en 2018 et de la deuxième en 2017. Il sera une nouvelle fois le mieux placé pour contester la supériorité du double champion du monde en titre, la Red Bull du Néerlandais Max Verstappen, désormais équipée d’un moteur Honda, apparaissant encore en retrait en deuxième ligne.
Haas revancharde
Pour sa première avec la Scuderia, le Monégasque Charles Leclerc s’élancera en troisième ligne aux côtés du Français Romain Grosjean (Haas). Ce dernier, son coéquipier danois Kevin Magnussen, septième sur la grille, et leur équipe américaine ont une revanche à prendre: en 2018, ils s’étaient qualifiés sixième et cinquième respectivement, mais des roues mal fixées avait mis fin prématurément à leurs courses prometteuses. Pénalisé par une stratégie présomptueuse de son écurie qui n’a fait sortir ses pilotes que pour un tour rapide quand la concurrence a amélioré à sa deuxième sortie, l’autre Français, Pierre Gasly, devra mettre derrière lui une décevante 17e place pour sa première qualification avec Red Bull. Bien qu’au volant d’une meilleure monoplace que ses voisins directs sur la grille, il s’attend à «une course compliquée» sur un circuit peu propice aux dépassements. En milieu de tableau, c’est donc Haas qui semble avoir l’avantage, devant le surprenant débutant britannique Lando Norris (McLaren), le vétéran finlandais Kimi Räikkönen (Alfa Romeo Racing), le Mexicain Sergio Pérez (Racing Point) et les Renault. Les Williams, en grande difficulté depuis l’an dernier et dont les performances ne cessent de se détériorer, partiront elles en queue de peloton. (Source AFP)