Des membres de l’Opep et leurs alliés non-Opep, dont la Russie, se réuniront, demain lundi, à Bakou, en Azerbaïdjan. C’est une réunion du comité ministériel de suivi Opep et non Opep consacrée à l’évaluation de l’état du marché pétrolier et l’effet de leurs baisses volontaires de production, qui ont été renforcées en décembre. Lors de la dernière réunion Opep-non Opep, qui a eu lieu le 7 décembre 2018 à Vienne, en Autriche, les producteurs ont convenu de baisser leur production journalière de 1,2 million de barils, à raison d’une coupe de 800 000 barils pour l’Opep et d’une coupe de 400 000 barils pour les producteurs non Opep. La Russie a hérité d’une coupe de 280 000 barils par jour.
La réunion de demain intervient près de trois mois après la mise en œuvre des décisions issues de la rencontre de Vienne. Le comité adjoint de monitoring Opep-non- Opep n’a pas de pouvoir décisionnaire, mais vu la présence de représentants des deux poids lourds de l’accord, la Russie et l’Arabie saoudite, toute déclaration sera scrutée par les investisseurs. Son rapport sera transmis à la réunion ministérielle prévue en avril et devrait servir de base pour la prise de décision, quoique les déclarations des producteurs à l’issue des réunions de ce comité traduisent parfaitement les grandes tendances pour les futures décisions. Selon des indiscrétions, la réunion de demain portera, certes, sur l’évaluation du marché et l’impact des dernières décisions sur le marché, mais il s’agirait aussi de débattre de la question de l’extension des coupes dans la production.
L’Opep, bousculée par une production américaine qui évolue à vive allure, sait qu’elle ne doit aucunement lever le pied, faute de quoi les excédents du marché iront en s’aggravant.
Dans son dernier rapport mensuel, l’Opep a laissé entendre que les producteurs doivent éviter un approvisionnement abondant du marché, faisant allusion à l’impératif d’étendre les accords du 7 décembre dernier jusqu’à la fin de l’année en cours. En effet, dans son dernier rapport mensuel pour le mois de février, l’Opep a réduit sa prévision de la demande pour ses bruts cette année en raison de la forte hausse de la production de la concurrence, ce qui justifierait a priori d’étendre au-delà de juin l’accord d’encadrement de la production en vigueur depuis le début de l’année. « Même si la demande pétrolière doit augmenter à un rythme modéré en 2019, elle reste bien en deçà de la forte croissance attendue dans la prévision de l’offre hors-Opep de cette année », écrit l’Opep dans son dernier rapport. « Cela souligne la responsabilité partagée par tous les pays producteurs participant (à l’accord de réduction de la production) d’éviter une rechute du déséquilibre et de continuer à préserver la stabilité du marché pétrolier en 2019 », lit-on également dans le même rapport. La question de l’extension des délais d’application des dernières décisions du 7 décembre dernier sera assurément débattue lors de la réunion de demain. Une proposition dans ce sens sera faite probablement à la réunion ministérielle prévue en avril. Il serait question de prolonger l’accord jusqu’à la fin de l’année en cours, même si la Russie n’y voit pas une nécessité, craignant de perdre des parts de marché au profit de la production américaine. L’Opep et ses partenaires devraient tenir deux réunions plénières dans les prochains mois, en avril et en juin, à Vienne. La réunion d’avril est prévue depuis trois mois, tandis que l’entrevue de juin est annuelle, à caractère ordinaire. Malgré leur baisse de vendredi, les prix sont restés en hausse sur la semaine, le Brent prenant 2,16% et le WTI 4,37%. Le marché peine actuellement à trouver une direction forte, entre baisses volontaires de la production et des exportations de l’Opep, perturbations en Iran ou au Venezuela, production record aux Etats-Unis et risque d’une croissance limitée de la demande compte tenu de la faiblesse de l’économie mondiale.