Des manœuvres combinées Etats-Unis-Maroc, baptisées «African Lion 2019», se déroulent depuis le 16 mars, et ce jusqu’au 7 avril 2019, dans le sud du royaume dans la région d’Agadir, (Tifnit, TanTan, Tata et Ben Guérir).
Ces manœuvres impliquent des milliers de militaires et un volume très important de matériel. Les objectifs de cet exercice, considéré comme un exercice interalliés parmi les plus importants, sont divers. «Valider les concepts d’emploi des forces terrestres, renforcer l’interopérabilité des moyens et des systèmes de commandement aéroterrestres utilisés par les deux nations, entraîner la composante aérienne à la conduite des opérations de chasse et de ravitaillement en vol et, enfin, mener des activités d’ordre humanitaire», selon un communiqué de l’armée marocaine. «Il englobera, en plus d’une formation aux activités du commandement et des entraînements sur les opérations de lutte contre les organismes terroristes violents, des exercices terrestres, aériens aéroportés et une simulation tactique», ajoute le communiqué. Outre les Etats-Unis et le Maroc, cette 16e édition de cet exercice verra la participation d’unités et d’observateurs militaires de cinq pays représentant l’Afrique, l’Europe et l’Amérique du Nord, en l’occurrence le Canada, l’Espagne, la Grande-Bretagne, le Sénégal et la Tunisie. «Des exercices à but humanitaire» avec l’installation d’un hôpital de campagne, dans l’une des régions du sud marocain, au profit des populations locales, seront au programme. Les manœuvres « African Lion 2019 » font partie des exercices organisés conjointement par le commandement des Etats-Unis pour l’Afrique (Africom) et l’armée marocaine «visant à consolider le niveau de coopération et de formation ainsi que l’échange d’expérience et de savoir entre les différentes composantes militaires». Cet exercice militaire conjoint de l’Africom dans le sud du Maroc n’est que modérément médiatisé. Son déroulement dans le sud du Maroc n’est pas sans susciter des interrogations. L’Armée algérienne avait procédé, en mai 2018, à un exercice de grande envergure, baptisé «Toufane 2018», incluant, pour la première fois, ses forces terrestres, navales et aériennes sous un seul commandement. Ces manœuvres ont été organisées pour la troisième fois consécutive, en réponse, dit-on, à celles des Etats-Unis et du Maroc sur le territoire de ce dernier. L’édition 2018 de ces exercices de l’ANP, qui s’est déroulée à Oran, avait été considérée comme la plus importante manœuvre militaire de toute l’histoire de l’Armée algérienne. Les manœuvres « African Lion 2019 » seront articulées autour d’exercices aéroterrestres avec les Marines US, d’exercices maritimes avec l’US Navy et des exercices aériens. L’armée marocaine, qui compte environ 200 000 militaires et 150 000 réservistes, possède 1 215 chars, 282 aéronefs et 121 navires, pour un budget global de 3,4 milliards de dollars, selon le site spécialisé Global Firepower. Le Maroc est considéré comme la septième armée en Afrique d’après ce site spécialisé. Le royaume chérifien est également un important acheteur d’armes de l’étranger, 17e dans le monde, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). Les Etats-Unis et la France en sont ses principaux fournisseurs.n