A l’instar de l’ensemble des segments de la société ou organisations corporatistes et professionnelles, qui se sont impliqués dans la protestation populaire enclenchée depuis le 22 février 2019 pour le changement politique et le départ du système, le Came, collectif d’appui à la microentreprise, regroupant de jeunes porteurs de projet dans le cadre des différents dispositifs d’aide à l’emploi de jeunes (Ansej, Angem, Andi, Cnac) de la wilaya de Tizi Ouzou ont organisé une marche suivie d’un rassemblement sur l’esplanade de l’ancienne mairie de la ville des Genêts.

de tizi ouzou S. Oularbi et Houssem A. M.
A travers cette action, les organisateurs entendent s’investir, à leur manière, pour le maintien de la dynamique populaire pour le changement et exprimer leur ras-le-bol quant à la feuille de route préconisée par le pouvoir pour sortir de la crise, notamment celle du prolongement du 4e mandat de Bouteflika. Ils demandent le départ immédiat de ce «système» qui est, d’après eux, «à l’origine du mépris du peuple et de sa spoliation de ses droits fondamentaux ». Ainsi, ils demandent l’édification d’une Algérie prospère, libre et démocratique, où il y aura l’égalité des chances entre le peuple. Des revendications exprimées à travers des slogans et des mots d’ordre proférés lors de la marche, dans les rues du centre-ville qui s’est ébranlée du portail de Hasnaoua jusqu’au monument des 22 000 martyrs, communément appelé Carrefour de la bougie, pour finir sur l’esplanade de l’ex-Hôtel de ville où ils ont tenu un rassemblement. « On n’est pas à vendre. Nous sommes une partie intégrante de ce peuple digne et combattant », ont notamment scandé les manifestants qui n’ont pas manqué de fustiger ce qu’ils considèrent comme des manœuvres dilatoires du pouvoir à travers la décision prise pour l’annulation de l’élection. Une manière qui ne constitue, selon eux, qu’une ruse de plus pour le prolongement du mandat du président sortant. Les protestataires ont, en outre, fustigé le pouvoir en place qui, considèrent-ils, est à l’origine de la précarité qui ronge le secteur de l’entrepreneuriat en Algérie. Plusieurs jeunes promoteurs venus des autres wilayas du pays, en l’occurrence ceux de Béjaïa et M’Sila, ont pris part à cette protestation et ont décidé de battre le pavé pour dénoncer le maintien des gouvernants qui ne veulent aucunement quitter le pouvoir. Ils rejettent les prises de décisions de Bouteflika annoncées dans sa lettre adressée au peuple lundi dernier qu’ils qualifient d’« anticonstitutionnelles ». « L’Algérie doit passer avant toute autre considération. Nous voulons le départ de ce système qui est à l’origine du chaos que traverse l’Algérie », dira le président de la Came de Béjaïa. Les jeunes promoteurs du Came et leurs amis syndicalistes de l’ADE se disent engagés aux côtés des autres citoyens qui sont descendus dans la rue pour l’édification d’un pays plus prospère qui permettra au peuple de travailler dignement et de s’exprimer librement, mais surtout une Algérie où il y aura l’égalité des chances.
Les travailleurs de l’ADE haussent le ton
Par ailleurs, des centaines de travailleurs de l’Unité de l’Algérienne des Eaux (ADE) de Tizi-Ouzou ont décidé de battre le pavé pour rejoindre la voix du peuple et dire « non » au prolongement du 4e mandat de Bouteflika. Ainsi, ils expriment le retrait de leur confiance au président de la section patronale de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Sidi Saïd, qu’ils ont qualifié de «vendeur de la cause des travailleurs pour l’intérêt du patronat ». «Non à la privatisation des entreprises nationales» est le slogan porté par les marcheurs qui appellent Sidi Saïd à se retirer définitivement de cette section patronale créée pour défendre les droits des travailleurs et non pas pour les piétiner.
«Nous dénonçons la gestion de cet homme qui a trahi la cause des travailleurs ». Ils ont rendu un hommage appuyé au fondateur de l’UGTA Aïssat Idir, qui, ont-ils soutenu, «a jeté les fondements du syndicalisme en Algérie dont les principes ont été pervertis par Sidi Saïd », regrettent-ils. Les protestataires ont affiché leur détermination à rester dans la rue jusqu’à la dernière goutte de leur sang, dira le secrétaire général de l’UGTA au niveau de l’ADE de Tizi Ouzou.
«Nous ne voulons plus du prolongement de ce système qui perdure depuis l’indépendance du pays.
Barakat ! Basta ! », soutiennent les syndicalistes de l’ADE qui appellent leurs collègues de l’ADE du territoire national à rejoindre les rangs de la protesta pour conscientiser les revendications du peuple qui exige une rupture radicale avec le système.