Les rebelles yéménites ont prévenu hier samedi qu’ils pourraient attaquer les capitales de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, les deux poids lourds de la coalition qui les combat depuis près de quatre ans. Cette menace intervient au moment où l’ONU tente de sauver un accord de trêve au Yémen, considéré comme crucial pour les efforts diplomatiques visant à mettre un terme au conflit. « Nous avons les photographies aériennes et les coordonnées de dizaines de quartiers généraux, d’installations et de bases militaires de l’ennemi », a affirmé le porte-parole des rebelles Houthis Yahya Saree dans une déclaration rapportée par al-Massira, la chaîne de télévision des insurgés. Riyad et Abou Dhabi mènent la coalition militaire qui appuie depuis le 26 mars 2015 les forces progouvernementales yéménites pour chasser les rebelles, soutenus par l’Iran, des régions qu’ils ont conquises, dont la capitale Sanaa. « Les cibles légitimes de nos forces s’étendent à la capitale de l’Arabie saoudite et à l’émirat d’Abou Dhabi », capitale des Emirats, a poursuivi M. Saree. « Nous avons fabriqué des avions d’attaque nouvelle génération, et de nouveaux systèmes seront bientôt opérationnels », a-t-il ajouté sans donner plus de détails. Depuis 2015, les Houthis ont déjà tiré des missiles balistiques sur Riyad et les villes côtières saoudiennes et revendiqué des attaques de drones contre les aéroports d’Abou Dhabi et de Dubaï. Riyad a affirmé avoir intercepté tous les missiles, rapportant la mort d’un civil tué par des éclats, alors que les Emirats ont démenti avoir été attaqués par des drones.

Le conflit au Yémen a fait quelque  10 000 morts, selon l’Organisation mondiale de la santé et provoqué la pire crise humanitaire au monde, d’après l’ONU. Le bilan réel des victimes est nettement plus élevé, selon des ONG. En août, un groupe d’experts de l’ONU a conclu que toutes les parties avaient potentiellement commis des « crimes de guerre ».
Mercredi, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni pour discuter de l’accord de trêve conclu entre les belligérants en décembre en Suède. L’accord, qui prévoit notamment un cessez-le-feu et le redéploiement des belligérants à Hodeida, ville portuaire stratégique, a suscité l’espoir d’une issue au conflit. Alors que les combats à Hodeida se sont atténués, le redéploiement des forces se fait toujours attendre. L’émissaire de l’ONU pour le Yémen Martin Griffiths a assuré mercredi continuer de travailler pour qu’il soit appliqué.n