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mercredi, 05 décembre 2018 06:00

Forum arabe du journalisme d’investigation ARIJ : Comment la technologie peut servir le journaliste

Écrit par Moumene Belghoul
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Plus de 475 participants du monde arabe se sont réunis durant trois jours sur les bords de la mer Morte pour le Forum annuel arabe pour le journalisme d’investigation (ARIJ).


Ce rendez-vous qui a rassemblé plusieurs orateurs internationaux, groupes de soutien des médias et journalistes d’investigation sous le thème : « l’avenir de l’investigation : tendances, outils et technologies ». Des experts et formateurs des médias régionaux et internationaux se sont retrouvés dans un cadre particulier, le point le plus bas de la terre, pour discuter de l’avenir du reportage d’investigation et comment mettre la technologie au service de ce métier. Ce 11e Forum annuel qui a eu pour cadre le beau centre de la Convention sur la mer morte aura été fort instructive notamment en matière d’échange entre les journalistes venus d’une trentaine de pays. «Je peux dire avec fierté que nous avons formé et soutenu 520 journalistes qui ont mené des reportages d’enquête qui ont eu un impact sur l’évolution des thèmes proposés», estime la directrice générale d’ARIJ, Rana Sabbagh. Cette journaliste jordanienne, l’une des fondatrices du forum et véritable cheville ouvrière, estime que l’investigation est le genre le plus difficile et qui mérite le soutien notamment dans certaines régions compliquées dont le monde arabe. «Notre programme grandit chaque année. Je me souviens de la première année où le forum se tenait avec moins d’une centaine de participants, aujourd’hui, ce nombre dépasse les 400, même si nous vivons dans une région où les restrictions sont croissantes et où la liberté d’expression des médias indépendants est mise à rude épreuve comme jamais auparavant», note Sabbagh. Marc Lee Hunter célèbre journaliste d’investigation américain et aussi l’un des fondateurs du forum abonde dans ce sens «que de chemin parcouru, sur une simple idée c’est devenu un véritable réseau pour journalistes d’investigation ». Pour cette édition 2018, les organisateurs ont noté avec satisfaction la participation de plusieurs reporters de la bande de Ghaza «pour la première fois depuis cinq ans». Les journalistes de Cisjordanie à un quart d’heure de route de la frontière jordanienne doivent affronter des tracasseries monstres de la part de l’armée d’occupation pour se déplacer. «On est heureux d’avoir des journalistes yéménites, qui ont risqué leur vie et traversé des itinéraires difficiles pour pouvoir se rendre en Jordanie et assister au forum », a souligné Sabbagh en demandant d’observer une minute de silence aux journalistes qui ont payé de leurs vies « le fait de dévoiler des vérités et dénoncé la corruption au Liban, au Yémen, en Syrie et en Irak, entre autres ».
L’Egypte en force
Le forum ARIJ est devenu au fil des années un lieu incontournable pour les journalistes occidentaux qui souhaitent rencontrer et travailler en réseau avec les médias du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Lors de la cérémonie de clôture, les prix de l’édition 2018 ont été décernés aux différentes productions journalistiques retenues. Dans la catégorie documentaire d’investigation les Egyptiens Ali Settouhi et Iza Maghazy ont été primés pour leur enquête qui dénonce les sociétés pharmaceutiques et les laboratoires de recherche internationaux, en collaboration avec des agences gouvernementales et des médecins égyptiens, qui utilisent des malades en difficultés comme cobayes dans leurs tests de médicaments, en violation des lois locales et internationales. Dans la catégorie du documentaire court, la distinction a été attribuée exæquo au Mauritanien Essalek Zayed et Assil Sarya du Yémen pour leurs enquêtes sur respectivement les conditions de vie déplorables des Mauritaniens « libérés » après des années d’esclavage avant d’être finalement déclarés illégaux. Les ex-esclaves ne pouvant obtenir de papiers d’identité ni accéder à la citoyenneté, et le second sur le différend yéméno-érythréen concernant les droits de pêche sur la mer rouge. L’égyptienne Aya Nabil Abdel jawad remporte quant à elle le prix de la meilleure enquête multimédia sur le sujet sensible des enfants victimes d’abus sexuels en Égypte en mettant en lumière le manque de prise en charge de l’Etat et de la société, une situation qui parfois conduit au suicide. Dans la catégorie du data journalisme, c’est encore une journaliste égyptienne Maha Salah Eddine qui constate le manque de réelle opposition au parlement égyptien. Comment les outils constitutionnels permettant aux députés de l’opposition de demander des comptes au gouvernement sont étrangement inutilisés. Pour le prix de la meilleure enquête journalistique dans le monde arabe le Palestinien Mahmoud Haneya révèle la corruption dans la police maritime permettant la pêche illégale dans le port de Ghaza malgré les interdictions des autorités agricoles et environnementales. Un documentaire qui aura permis l’ouverture d’une enquête concernant des policiers véreux qui extorquaient illégalement une partie de la production des pêcheurs. Le journaliste palestinien n’a pas pu recevoir son prix à cause de l’impossibilité de quitter Ghaza cette prison à ciel ouvert. Arij est financée par l’organisation suédoise pour la coopération international SIDA, le programme de partenariat arabo-danois et la Tompson Foundation.

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