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dimanche, 11 février 2018 06:00

Entrepreneuriat féminin : 46% des crédits ANGEM attribués à des femmes

Écrit par Rafik AIOUAZ
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L’Association des femmes en économie verte (AFEV), soutenue par l’ambassade des Pays-Bas en Algérie, a organisé, hier, sa deuxième rencontre dédiée à l’entreprenariat féminin.


Faisant suite à la première rencontre organisée en juillet 2017, l’événement a pu rassembler différents acteurs de la société civile activant pour la promotion de l’entrepreneuriat chez les femmes. «Nous partageons la même approche que l’Algérie en ce qui concerne l’entrepreneuriat féminin», a indiqué Robert Van Embden, l’ambassadeur des Pays-Bas à Alger. «Nos deux pays soutiennent les femmes ayant l’ambition de monter leur entreprise, car nous estimons que cela contribue à la réussite des entreprises et au développement de nos pays», a-t-il ajouté. Le diplomate néerlandais a, par ailleurs, rappelé que le programme de coopération mis en place par sa chancellerie est un programme qui encourage les femmes entrepreneurs partout dans le monde et qui vise l’appui du développement de l’accès aux connaissances pour les femmes afin que celles-ci puissent mener à bien leurs projets. «L’entrepreneuriat féminin a son rôle à jouer pour le développement et la croissance des pays», a insisté Robert Van Embden, expliquant que dans le contexte nord-africain comme partout dans le monde, les femmes sont particulièrement confrontées à une structure socio-économique difficile. «Dans beaucoup de pays elles ne sont pas rémunérés autant que les hommes pour un même travail, il y a des efforts à faire en ce sens», a soutenu l’intervenant, voyant en l’événement organisé par l’AFEV un moyen de partager les expériences «positives et négatives» pour fournir des références utiles aux femmes voulant lancer leur propre business. Pour Karima Bergheul, présidente de l’AFEV, différentes embûches entravent l’entrepreneuriat féminin en Algérie  

 

Une étude pour recenser les embûches 

«La pression de la société et l’influence des stéréotypes traditionnels à l’égard des femmes entrepreneurs pèsent toujours autant», a témoigné la responsable associative, qui a notamment cité «des pratiques discriminatoires à l’égard de la femme qui entreprend». Selon Karima Bergheul, l’entrepreneuriat féminin en Algérie se tourne essentiellement vers les secteurs des services et du commerce. En termes de financement, c’est le dispositif du micro-crédit de l’ANGEM qui est de loin le plus sollicité, en 2016, ce sont 46% des crédits ANGEM qui ont été attribués à des femmes. «L’objectif de l’ANGEM est la valorisation des savoir-faire domestiques. C’est la raison de ce fort taux, les profils en question n’ayant pas de diplôme ou de qualifications poussées», explique Nacéra Haddad, vice-présidente du Forum des chefs d’entreprises (FCE). Pour l’intervenante, l’Algérie est à un tournant pour que toutes les initiatives de l’Etat et de la société civile puissent permettre aux femmes de «constituer un levier de la transformation économique». La représentante de l’organisation patronale estime qu’il est temps que le fort investissement de l’Etat pour l’éducation des femmes se matérialise au niveau de l’environnement entrepreneurial «74% des diplômés sont des filles, mais on ne les retrouve pas dans le monde du travail. Le taux d’activité féminin demeure autour de 16%», rappelle-t-elle. Pour Nacéra Haddad, afin de mieux s’attaquer à la problématique de l’accès de la femme à l’entrepreneuriat, il s’agit de mettre en place un système pointu de collecte de statistiques autour de la question du genre. «Très peu d’études sur le genre sont réalisées», regrette-t-elle. L’idée, pour Mme Haddad, est d’avoir les chiffres sur l’insertion des femmes qui puissent permettre de construire «un plan de recommandations stratégiques». «Les femmes vont vers l’activité entrepreneuriale par défaut car il n’y a pas d’offre salariale», constate par ailleurs la vice-présidente du FCE, indiquant que la sous-activité des femmes les poussent «par besoin» à se tourner vers l’entrepreneuriat. «Il faut une parité au niveau des organismes d’aide. Il faut que 50% des montants et non des projets, soient octroyés aux femmes», plaide Nacéra Haddad, qui appelle également à intégrer la culture entrepreneuriale tôt pendant le parcours scolaire et à accompagner en priorité les projets qui valorisent les différents territoires. 

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