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dimanche, 16 septembre 2018 06:00

Alors que le secteur progresse timidement : L’Afrique réclame plus d’investissements dans l’agriculture

Écrit par Farid Messaoud
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Une brochette de ministres africains de l’Agriculture et de représentants des secteurs public et privé, présents au forum organisé par la Banque africaine de développement (BAD), à Kigali, au Rwanda, ont réclamé davantage d’investissements dans l’agriculture.


En théorie, le Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine, élaboré en 2003, de l’Union Africaine a fixé un objectif pour les gouvernements africains d’allouer 10% des budgets nationaux à l’agriculture. Mais, seuls 13 pays africains ont atteint ou dépassé cet objectif, c’est peu. Plusieurs ministres présents à l’événement ont d’ailleurs formulé des critiques sur le peu d’intérêt porté par les gouvernements africains à l’agriculture. Ils se sont arrêtés sur le fait que ces derniers font trop de déclarations, mais que peu d’actions ont été entreprises au niveau de l’Union africaine. L’événement intitulé «Leadership Agriculture», organisé dans le cadre du Forum de la révolution verte en Afrique (AGRF), aura le mérite d’avoir permis de lancer le débat sur ce qui ne va pas dans ce secteur. De même, il aura permis de jeter un regard nouveau sur l’établissement d’une relation de collaboration entre les gouvernements, les investisseurs privés et les institutions. Mais que recouvre le terme «Leadership Agriculture » ? Cinq ministres africains de l’Agriculture et des Finances, la Fondation Rockefeller et la Commission de l’UA ont créé «Leadership Agriculture ». La Banque africaine de développement a obtenu le soutien de la Fondation Rockefeller pour la création de la plateforme. Du reste, la vice-présidente de la Banque africaine de développement pour l’agriculture, le développement social et humain, Jennifer Blanke, et le Directeur général de la Fondation Rockefeller pour l’Afrique, Mamadou Biteye, ont chargé leurs organisations de faire progresser la mission «Leadership Agriculture. Avec la Banque partenaire de la Fondation Rockefeller, nous avons maintenant des fonds pour un secrétariat pour « Leadership Agriculture », ce qui nous permettra de suivre les progrès», a déclaré Mme Blanke. «Ensemble, faisons en sorte que l’Afrique brille», a-t-elle ajouté. L’ancienne ministre rwandaise de l’Agriculture et des Ressources animales, actuellement présidente de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (Agra), Agnès Kalibata, a déclaré que les ministres devaient faire davantage de campagnes pour accroître le financement budgétaire des petits exploitants. «L’agriculture est l’industrie la plus importante du gouvernement», a déclaré la présidente de l’Agra.
Résilience et fragilité des pays
«Personne ne va vous donner d’argent parce que vous êtes ministre de l’Agriculture. Il incombe à un ministre de l’Agriculture de défendre la cause », a-t-elle poursuivi.
Les recherches de l’AGRF indiquent que l’agriculture reste une source essentielle de revenus pour 60 à 65% de la main-d’œuvre en Afrique subsaharienne et qu’elle continuera d’être une source importante d’emplois pendant une décennie ou plus. Les participants à la session «Leadership Agriculture » ont déclaré que la mentalité selon laquelle l’agriculture est davantage une carrière traditionnelle pour ceux qui n’ont pas d’autres options de travail doit changer. Le directeur de la Division du développement de l’industrie agroalimentaire de la Banque africaine de développement, Edward Mabaya, a déclaré que les dirigeants et les agriculteurs devraient remplacer le mot «agriculture» par «agro-industrie». Outre l’agriculture, la BAD veut jouer un rôle dans d’autres initiatives à l’échelle de l’Afrique. L’institution vient, par exemple, de mettre en place un nouvel outil d’évaluation de la résilience et la fragilité des pays. Dans le cadre de son approche stratégique visant à remédier à la fragilité et à renforcer la résilience en Afrique, la Banque africaine de développement a, en effet, mis au point un nouvel outil pour le diagnostic des situations de fragilité, qui tient compte des capacités dont disposent les pays concernés et des pressions de toutes sortes qu’ils peuvent subir. Dénommé en anglais Country Resilience and Fragility Assessment (CRFA), cet outil préconise, de manière totalement inédite, d’évaluer la résilience et la fragilité des pays selon sept critères clefs : l’inclusivité politique, la sécurité, la justice, l’économie, la cohésion sociale, l’effet de contagion régionale et le changement climatique.
La création du CRFA représente une avancée significative dans l’évaluation de la fragilité, qui est une réalité pas toujours facile à cerner ni à percevoir, peut-on lire sur le site internent de la BAD. En introduisant, pour la première fois, les notions de « capacités » et de « pressions, ce nouvel outil apporte plus de rigueur et d’efficacité dans l’évaluation de la résilience et de la fragilité, notamment parce qu’il prend davantage en compte le contexte national, a expliqué le directeur du Bureau de coordination des Etats en transition (RDTS), Sibry Tapsoba. Outre l’évaluation de la résilience et de la fragilité, le nouvel outil devrait s’avérer un levier efficace de plaidoyer et de communication, qui améliore et renforce le dialogue permanent entre la Banque et ses pays membres régionaux. Il permet également d’anticiper les crises, grâce à un mécanisme d’alerte précoce.

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