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mardi, 20 novembre 2018 06:00

Réformes et transition économiques : Les recommandations de Crisis Group

Écrit par Hakim Ould Mohamed
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Dans sa dernière livraison analysant l’économie algérienne et ses vulnérabilités, postée hier, Crisis Group suggère des pistes de travail susceptibles de permettre au pays de surmonter la paralysie dans laquelle il se débat depuis le contrechoc pétrolier de juin 2014. Outre le statu quo politique, la paralysie affecte également la politique économique et étrangère du pays, selon Crisis Group.

«L’une des conséquences de cette paralysie a été l’étouffement d’un débat attendu sur la manière de s’adapter à la baisse des recettes tirées des hydrocarbures et de réduire la dépendance de l’Algérie à leur égard. Un tel débat doit avoir lieu à deux niveaux : entre les élites - hommes d’affaires, technocrates et hommes politiques - qui influencent la politique et le grand public, mais également entre ces élites», écrit le cabinet de recherche dans une analyse postée sur son site Web. «Ces dernières années, le gouvernement a eu tendance à sous-estimer ou à dissimuler des données économiques inquiétantes, notamment sur l'évaporation des recettes d'exportation pour l'épargne et l'investissement. Un effort de transparence sur l’état du trésor et la façon dont l’argent public est dépensé serait important pour expliquer la situation économique du pays et éviter les types de réactions alarmistes qui peuvent prévaloir en l’absence d’informations fiables», y lit-on également. Cette ONG estime qu’il y a un besoin urgent de réforme aussi bien en matière de politique budgétaire en «améliorant le contrôle des dépenses publiques» qu’au plan de l’investissement en investissant dans la «nécessité de dissiper la méfiance de nombreux Algériens vis-à-vis de l’État et du secteur privé». L’autre réforme à laquelle appelle Crisis Group est la lutte contre la corruption qui mine le terrain à la fois politique et économique. Cette ONG suggère de «séparer l'argent du pouvoir politique ». «La lutte contre la corruption est trop souvent utilisée pour régler des comptes politiques. Une meilleure approche consiste à augmenter le nombre de parties prenantes dans la formulation de la politique économique», suggèrent les experts de Crisis Group. L’Algérie «doit trouver un équilibre entre la nécessité d'un ajustement économique et des intérêts particuliers, allant d'hommes d'affaires privilégiés à des éléments de la société, qui considèrent que des modifications rapides et substantielles du modèle de redistribution sont trop perturbatrices. Ce modèle, malgré toutes ses inefficacités, a sorti beaucoup de personnes de la pauvreté et a contribué à stabiliser un pays déchiré par la guerre». «La mise en œuvre d'une transition par rapport au modèle économique actuel exigera plus de transparence et d'ouverture à tous les niveaux, ainsi qu'une plus grande responsabilisation des institutions de l'État et du secteur privé», estime Crisis Group.
Pour ce cabinet de recherches la profonde réforme dont l'Algérie a besoin nécessite une ouverture stratégique, à la fois externe et interne, afin de permettre à une diversité d'acteurs économiques, politiques et sociétaux de construire un nouveau modèle capable d'assurer à la fois la stabilité et la croissance. Ses experts estiment que l’attitude actuelle du gouvernement, qu’il s’agisse de prendre des décisions économiques majeures ou de s'attaquer à des questions politiques et sociales plus vastes, «est trop souvent distante, arrogante et contraire aux attentes des Algériens». Ils ne manquent pas de conclure sur une note optimiste, laissant entendre qu’en dépit de l'incertitude politique qui précède l'élection présidentielle de 2019 et, d'une manière plus générale, une transition présidentielle imminente «qui peut être conforme au calendrier électoral», certaines réformes sont possibles, notamment pour l’amélioration de la transparence dans les finances publiques et l’élargissement du débat sur les défis auxquels l’Algérie est confrontée. «Les jeunes Algériens en particulier - qui constituent la majeure partie de la population et dont l’avenir est en jeu - devraient être au centre de tout effort visant à définir une réponse à long terme aux défis économiques du pays».

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