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dimanche, 25 novembre 2018 06:00

Chute des prix du pétrole : Marge de manœuvre réduite pour l’Algérie Spécial

Écrit par Feriel Nourine
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Il y a quelques jours, lors des débats à l’APN consacrés au projet de loi de finances 2019, le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, se réjouissait de l’amélioration financière qui a permis à l’Etat de ne pas mobiliser la totalité du montant prévu dans le cadre du financement non conventionnel, soit 1 800 milliards de dinars depuis son lancement en novembre 2017.

Et s’il y a eu amélioration financière, c’est parce que la fiscalité pétrolière a réalisé un bond conséquent dans le sillage des cours de l’or noir qui ont sensiblement augmenté. Ce qui est loin d’être le cas ces dernières semaines sur un marché évoluant en tendance baissière ininterrompue, qui a fait perdre au baril plus de 30% de sa valeur du 3 octobre dernier, lorsqu’il avait dépassé les 87 dollars.
Vendredi, la semaine s’achevait sur le marché londonien avec un prix au-dessous des 60 dollars, précisément 58,50 dollars, pour le Brent de la mer du Nord, soit son plus bas niveau depuis octobre 2017. Même atmosphère de déprime à New York où le baril de WTI a terminé à 50,42 dollars, également, plus bas niveau enregistré sur ce marché depuis une année.
Cette tendance baissière, si elle devait se poursuivre, replongerait inévitablement les économies des pays exportateurs de pétrole dans l’incertitude qui les avait traversées au temps d’un baril en dangereux état de chute. Dont l’Algérie, qui a été un acteur très en vue dans l’accord de réduction Opep-non-Opep et son maintien au profit d’une régulation du marché et de la stabilisation des prix, et dont les équilibres financiers risquent d’être à nouveau mis à mal après le rétablissement encourageant provoqué par la remontée sous l’effet de l’Accord d’Alger, fin 2016.
L’enthousiasme de ces derniers jours ne peut être celui du début d’octobre, et la situation actuelle du marché mondial montre une surabondance de l’offre de brut qui continuera à avoir ses effets négatifs sur des recettes algériennes en devises très dépendantes des ventes d’hydrocarbures.
Aux niveaux auxquels ils sont affichés aujourd’hui, les prix du pétrole augurent d’une année 2019 difficile pour le gouvernement d’Ahmed Ouyahia. La marge de manœuvre pourrait être réduite et le recours à la planche à billets risquerait de reprendre le dessus et de s’imposer comme unique solution dans une économie qui n’a, dans l’état actuel des choses, aucune autre alternative à offrir, vu que les réformes structurelles restent toujours quasiment au point zéro.
Autrement dit, comme l’a fait savoir le ministre des Finances à l’APN, si le recours au financement non conventionnel a pu être limité grâce à un baril de pétrole évoluant aux alentours des 70 dollars, en 2019 la planche à billets a toutes les chances de tourner à plein régime pour pallier le déficit que provoquerait un baril moins cher d’au moins 10 dollars. Mais nous n’en sommes pas encore à ce stade et le marché pourrait renouer avec la hausse d’ici la fin de l’année. Pour ce faire, il compte surtout sur la réunion de l’Opep, le 6 décembre prochain à Vienne, et dont il est attendu une réaction des pays engagés dans l’accord de réduction allant dans le sens d’une réduction qui aiderait à éponger le surplus et permettrait de rééquilibrer le marché. L’Opep a d’ailleurs déjà annoncé son intention de faire baisser son offre pour l’année prochaine, alors que son acteur principal, l’Arabie saoudite, a pris la décision de réduire la sienne de 500 000 barils jour dès le mois de décembre.
Après avoir indiqué, le 12 novembre, qu’il faudrait réduire la production mondiale de pétrole d’un million de barils par jour afin d’équilibrer le marché, le ministre saoudien de l’Energie, Khaled al-Faleh a réagi jeudi, pour assurer que son pays «n’a pas l’intention d’inonder le marché de pétrole».
La Russie, en sa qualité de chef de file des pays non-Opep engagés dans l’accord de réduction, devrait suivre la même trajectoire et revoir, elle aussi, à la baisse son offre. «Nous prévoyons que l’Opep parviendra à gérer le marché en 2019 et arrivera à un accord pour réduire la production.
Dans ce scénario, le cours du Brent remontera probablement autour des 70 dollars», estiment des experts de Morgan Stanley, alors que de son côté, Lukman Otunuga, analyste chez FXTM, avertit que «si l’Opep ne réduit pas sa production, le cours du brut texan pourrait rétrograder à 50 dollars le baril».

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