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lundi, 28 mai 2018 06:00

Abderrahmane Mebtoul, économiste : « Il y a un deal entre la Russie et l’Arabie saoudite pour atteindre leurs objectifs économiques et géostratégiques »

Écrit par Rafik AIOUAZ
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Après l’annonce de l’Arabie saoudite et de la Russie d’augmenter la production de pétrole dès juin pour rééquilibrer le marché et surtout  faire face à des craintes sur la capacité d’approvisionnement du Venezuela et de l’Iran, des analystes affirment que cette décision a été prise de façon « unilatérale ». La Russie aussi, elle, a décidé d’en faire autant. Ce qui pourrait créer des remous lors de la prochaine réunion, en juin à Vienne, des pays signataires de l’accord sur la réduction de la production d’or noir.

Reporters : On parle d’une décision prise unilatéralement par Riyad et Moscou d’augmenter leurs niveaux de production de pétrole malgré leur engagement dans l’accord de réduction Opep - non-Opep... Qu’en pensez-vous ?
Abderrahmane Mebtoul : L’Arabie saoudite est à la tête des pays de l’Opep et ce ne sont pas les autres pays membres de l’organisation et engagés dans cet accord avec leur faible production de pétrole qui peuvent influencer l’orientation de l’ensemble des membres. La Russie étant l’autre poids lourd de l’accord, elle reste le chef de file des pays hors-Opep.

Quelles sont les raisons qui ont poussé les deux pays à intervenir à ce moment précis pour augmenter la production de pétrole ?

La hausse de la production obéit officiellement à une volonté de rééquilibrer les marchés qui étaient sous tension compte tenu du risque de manques d’approvisionnement du fait que l’Iran et le Venezuela sont dans le collimateur des Etats-Unis. D’autre part, il y a un deal entre la Russie et l’Arabie saoudite pour atteindre leurs objectifs économiques et géostratégiques. Pour Moscou, le prix d’équilibre pour le baril de pétrole est de 60 dollars, ce qui permettrait d’éviter l’entrée massive du pétrole et du gaz de schiste américain sur les marchés. Pour l’Arabie saoudite, le prix d’équilibre est de 70 dollars, l’enjeu pour Riyad étant de garder la mainmise sur les pays du Golfe et de mettre la pression sur l’Iran qui fait l’objet de sanctions américaines.

Quel impact aurait un prix du baril plus faible sur l’Algérie ?

Une moyenne annuelle des prix du pétrole autour de 70 dollars permettrait à l’Algérie de limiter le recours au financement non conventionnel. Pour l‘Algérie, depuis l’entame de la courbe ascendante des cours du baril en 2017, une hausse d’un dollar en moyenne annuelle procure entre 500 et 600 millions de dollars supplémentaires, soit 12 milliards de dollars, en référence à la loi de finances établie à 50 dollars.

Les projections sur la fiscalité pétrolière du pays sont-elles donc optimistes ?

Il faut à tout prix éviter de vivre de l’illusion de la rente éternelle et penser, pour des raisons de sécurité nationale, en urgence à un nouveau modèle de consommation énergétique. Cela à travers un mix énergétique basé sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, dont le coût a diminué de plus de 50%, et surtout penser à une stratégie de développement hors hydrocarbures dans le cadre des valeurs internationales, supportant de profondes réformes structurelles, afin d’éviter un dangereux statu quo et l’immobilisme qui conduiraient forcément à la cessation de paiement à l’horizon 2020-2022.

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