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jeudi, 26 juillet 2018 06:00

A quoi sert un festival de cinéma : La vitrine d’un pays et de sa filmographie

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Cannes serait encore une petite ville côtière sans son festival du cinéma, idem pour Venise et pour Berlin, qui sont devenues des destinations connues en raison des manifestations cinématographiques que ces deux villes organisent. Cannes est devenu le rendez-vous cinématographique incontournable de l‘année.


Un festival de cinéma offre une image de l’évolution d’un pays et donne à voir sa filmographie. Avant de devenir une destination prisée là où la manifestation est organisée, à l’instar de Cannes, une ville touristique et de cinéma qui se pare chaque année de ses plus beaux atours.
L’Algérie ne dispose pas encore d’un festival de cinéma digne de ce nom. Notre pays a mis trop de temps pour penser à organiser un festival consacré au cinéma, alors qu’elle participait avec ses films aux manifestations cinématographiques du monde entier dans les années 1960 et 1970. Il aura fallu attendre les années 1980 pour qu’un festival de cinéma amateur voie le jour, à Tizi Ouzou, pour sa première édition, sous la férule de la Cinémathèque algérienne que dirigeait alors Boudjemaa Karèche. Ce festival nous a fait découvrir des noms tels que Ahmed Zir, Ahmed Benkamla et Abdelhamid Benamara. Des cinéastes qui ont fait carrière, même si Zir est resté fidèle au cinéma amateur. Le festival du film amazigh, instauré durant la fin des années 1990, a suscité plusieurs vocations. L’Algérie compte aujourd’hui des jeunes cinéastes qui ont fait leur formation dans des ateliers de cette manifestation cinématographique.
A ce jour, seules les Journées cinématographiques de Béjaïa maintiennent le cap en dépit des difficultés financières, liées à l’absence de subvention étatique, et se place comme étant le meilleur festival en Algérie pour la rigueur de sa sélection et le sérieux de cette association que dirige avec brio Abdenour Hochiche. Ces rencontres cinématographiques, ouvertes aux filmographies de plusieurs pays, restent une référence. En dehors de ces exemples, c’est l’éternel recommencement. Le festival du court-métrage d’Oran, qui nous a fait découvrir le cinéma africain, a eu du succès durant des années avant de voir stopper net son élan, tout comme le festival international du cinéma méditerranéen de Annaba, que dirigeait l’équipe de la Cinémathèque algérienne avec à leur tête l’incontournable Boudjemaâ Karèche. Un énorme succès international avec le soutien d’un wali cinéphile. Du succès, et puis, octobre est passé par là avec une Algérie piégée par son ouverture démocratique. Des années après le ministère de la Culture a tenu à reprendre le festival et à le confier au cinéaste Saïd Ould Khalifa dans l’espoir de redorer le blason de la ville et du cinéma. Hélas, après trois éditions, le festival ne prend pas son envol malgré la présence du public.


UN GOUFFRE FINANCIER
Le Festival international du film arabe d’Oran se voulait à son début comme une copie du Festival international de Marrakech, c’est-à-dire une rencontre cinématographique dédiée aux stars, autant dire à celles du cinéma égyptien. L’ex-ministre de la Communication et directeur de la télévision algérienne, Hamraoui Habib Chawki, a réussi ses deux premières éditions avant de confier le festival à l’Oref de l’Agence algérienne de rayonnement de la culture. L’ère Hamraoui se distinguait par la manne financière qui permettait tous les excès et il y en avait. Le pétrole se vendait bien alors les célébrités étaient logées dans des hôtels luxueux de la capitale de l’ouest du pays, le Méridien, le Sheraton et le Royal. Même les journalistes avaient droit aux grands hôtels. Les stars du cinéma arabe étaient honorées et des soirées étaient organisées à leur honneur. Il y avait de tout sauf l’essentiel, le cinéma, dans une ville dépourvue à l’époque de salles de cinéma. Le Festival international du film arabe d’Oran est un gouffre financier qui n’aura servi à rien dans l’histoire du cinéma algérien.
Pour l’heure, l’éphémère Festival du cinéma maghrébin a connu sa part de gloire avant que le ministère de la Culture ne mette fin à cette manifestation dédiée au cinéma maghrébin. Le Festival international du film engagé, sous la houlette du duo Zahira Yahi et Ahmed Bedjaoui, tient pour sa part le cap et reste le meilleur festival de cinéma en dépit de sa spécialité qui n’attire pas le grand public. L’Algérie, la Mecque des révolutionnaires, mérite un tel festival de cinéma et chaque année des cinéastes engagés venant de nombreux pays se disent ravis d’être présents en Algérie.
A.T.

Lu 474 fois Dernière modification le lundi, 30 juillet 2018 15:04

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