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mardi, 31 juillet 2018 06:00

Fiofa 2018 : Un festival qui négocie sa crise de croissance

Écrit par ZIAD Salah
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Cette année, uniquement dix œuvres sont en compétition. On relève l’absence du cinéma du pays du Golfe, un jeune cinéma qui a commencé à susciter l’intérêt du public

Le Festival international d’Oran du film arabe ferme ses portes aujourd’hui. Au-delà du palmarès qui sera dévoilé en soirée, il en reste l’image d’une manifestation importante mais fragilisée par le recul du financement qui avait nourri ses premières années de création, une organisation qui surprend tantôt par son absence tantôt par sa maladresse flagrante : une séquence délicate sur laquelle le ministère de la Culture devrait se pencher avec sérieux. Cela passera nécessairement par un bilan sans complaisance. Lors des premières éditions de cette manifestation, quand Hamraoui Habib Chaouki était son commissaire, le festival était perçu comme une sorte de corps étranger à la ville. L’encombrement de la circulation avant et à la fin de chaque projection, c’est-à-dire lors de l’arrivée et du départ des cinéastes et acteurs hôtes de la ville, était vécu comme une agression par ceux qui empruntaient les autobus passant par la rue Larbi Ben M’Hidi. L’ex patron de l’ENTV voyait grand et ne lésinait pas sur les moyens. Habitué des grandes manifestations cinématographiques, notamment arabes, il essayait de hisser ce festival dès sa naissance au niveau des standards internationaux. Lors de la troisième édition, chaque hôte, de marque s’entend, disposa d’un véhicule de luxe et d’un chauffeur. Le plus gros du personnel mobilisé était d’Alger. Ce qui n’a pas manqué de froisser la sensibilité de certains qui se sont refugiés dans la médisance. Curieusement, c’est lors des premières éditions que ce festival a fidélisé son public notamment celui des cinéphiles. Le départ de Hamraoui et l’octroi du commissariat du festival à des responsables locaux ont atténué quelque peu ce sentiment d’extériorité par rapport à la ville. Cependant, la manifestation a renoncé à ses ambitions de grandeur et de concurrencer celles des autres grandes villes arabes. Elle a perdu entre autres l’apport logistique de l’ENTV dirigée alors par HHC. Mme Moussaoui, l’ex-directrice de la Culture à Oran, loin des centres de décision se trouvant au niveau central, n’a pas pu ou su décrocher des apports financiers pour garder le même standing au festival que celui réussi par son prédécesseur. Heureusement que cette perte du faste a épargné la qualité de la programmation qui reste toutefois ternie, cette année plus que les autres, par un déficit d’organisation flagrant. Le festival a changé de nom, devenu Fiofa, a continué d’être un rendez-vous incontournable pour des cinéphiles pour s’informer sur l’état d’avancement du cinéma arabe. Notamment ceux restés réfractaires aux programmes des chaînes de télévision arabes. Il faut signaler qu’indépendamment des changements des commissaires, le festival garde toujours un aspect populaire. La gratuité d’accès aux salles de projection a toujours permis une grande affluence. Certes, une bonne partie du jeune public, notamment féminin, est attiré par la proximité avec les stars égyptiennes et syriennes distribuées dans des téléfilms.
On se déplace aussi pour glaner un selfie avec un tel ou telle acteur ou actrice, sans prêter attention au metteur en scène ou le réalisateur.
L’arrivée de Brahim Seddiki à la tête du commissariat du Fiofa a coïncidé avec les coupes budgétaires conséquentes à la crise financière que traverse le pays. Après la neuvième édition qui avait tenu toutes ses promesses, la dixième s’est caractérisée par la revue à la baisse de la feuille de route du festival. Cette année, uniquement dix œuvres sont en compétition. On relève l’absence du cinéma du pays du Golfe, un jeune cinéma qui a commencé à susciter l’intérêt du public. Négociant sa crise de croissance dans de mauvaises conditions, à cause de la rareté des ressources, le Fiofa ne s’est pas totalement départi d’une perception élémentaire. Il reste inscrit dans le cadre de l’animation estivale de la ville. Au lieu de prétendre à la promotion de l’image de marque de la ville et partant du pays tout entier. Il est à la charge de l’Etat depuis sa naissance jusqu’ici. Les restaurateurs, les hôteliers, premiers bénéficiaires de cette manifestation, n’ont jamais fourni l’effort de promouvoir la cuisine locale. Jusqu’ici, nous n’avons jamais relevé une initiative privée visant à faire connaître un produit du terroir par exemple. Aucune exposition n’accompagne la manifestation. Les hôtes d’Oran sont cantonnés durant leur séjour dans les hôtels ou la salle de projection. Pourtant, le cinéma se nourrit de littérature, de peinture, de vécu des gens… Plus grave, dès la clôture du festival, les salles de projection, notamment la somptueuse « Le Maghreb » et « Saâda » renouent avec la fermeture. Occasionnellement, elles reçoivent le public lors d’un concert de musique. Quelques cinéphiles ont déjà posé la question de donner une seconde vie au festival en distribuant les films sélectionnés. Une question qui se heurte à la problématique du cinéma en Algérie déclassé depuis l’avènement de l’antenne parabolique. En attendant l’élaboration d’un autre dessein et destin à ce festival, il est un rendez-vous important pour les cinéphiles. Les contacts avec les hôtes leur permettent de mesurer la distance accomplie par tel ou tel pays dans le domaine du septième art. L’expérience du Maroc, pays produisant bon an mal an une douzaine de films, a suscité des débats. La formule des avances sur recettes expérimenté dans ce pays est évoquée ça et là. Dans un pays où la course à la subvention demeure l’unique clef à la création. Notons qu’il y a quelques années, la création d’une « association des amis du festival » a circulé dans un milieu d’amateurs de cinéma et d’intellectuels. Elle devait servir de plateforme pour discuter ce genre de questions et surtout d’avancer des propositions. Quant aux élus de la ville, à part s’empresser pour assister à la cérémonie de clôture, ils ne prêtent aucun intérêt à cette manifestation.

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