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mardi, 31 juillet 2018 06:00

Société : La culture en ligne de mire

Écrit par Wafia Sifouane
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Visiblement l’effet domino ne s’est pas fait trop attendre pour faire son effet car, au lendemain du concert de rai empêché par les citoyens ouarglis, c’était au tour de Sidi Bel-Abbès, temple de l’art et de la musique rai, d’être témoin d’une dérive sans précédent.

En effet, lors d’un gala de musique rai, les artistes se sont retrouvés ciblés par des projectiles balancés sur scène par des jeunes mécontents réclamant l’annulation pure et simple du Festival national de musique rai prévu début août.

Un événement pourtant bien ancré au sein de la société de Sidi Bel-Abbès, férue de ce style de musique. Attaqués à coups de pierre de toutes parts, les artistes présents sur scène ont préféré se mettre à l’abri, quant aux organisateurs, choqués par une telle ambiance, ont opté pour l’annulation. Du pain béni pour les éléments perturbateurs dont on ignore jusque-là les réelles motivations. Rejet de la musique rai jugée immorale par les conservateurs ou simple acte de vandalisme pour dénoncer « la dilapidation de l’argent public », comme le présument certains ? A Ouargla, les jeunes protestataires ont brandi des revendications socio-économiques mettant ainsi la majorité d’accords sur le fond, la forme, quant à elle, a laissé perplexe plus d’un. Rappel. Après l’annulation du concert du très populaire chanteur rai Kader Japonais, les jeunes protestataires ont carrément exécuté une prière en groupe au théâtre de verdure, lieu devant abriter le concert. Si cette initiative a été bien reçue par certains moralisateurs, elle n’a pas manqué de faire froid dans le dos des observateurs car annonciatrice d’une véritable récupération islamiste du mouvement. En effet, ces images de jeunes transformant un lieu dédié à la culture en un lieu de culte nous renvoient directement au cauchemar des années 1990 où toute activité culturelle et artistique était carrément interdite. Des artistes ont payé de leur sang le prix de leur engagement, à l’instar de Alloula, Azzedine Medjoubi ou encore Cheb Hasni, tous assassinés par des obscurantistes. Aujourd’hui, plus que jamais, un rappel s’impose pour que nul n’oublie.
Même scénario à Jijel, ville qui a été marquée au début de la saison estivale par l’excès de zèle du P/APC de Aouana, qui avait décidé d’interdire tout bonnement le port de short au sein de sa commune. Voyant sa décision faire le buzz sur les réseaux sociaux, il s’est vite rétracté en annulant son interdiction. Sage décision. Aujourd’hui, c’est au tour d’un autre président de commune, celui de Sidi Abdelaziz, wilaya de Jijel, de faire parler de lui après avoir retiré l’autorisation d’organiser un concert de rai à des organisateurs alors que l’événement était prévu à l’avance. En effet, devant avoir lieu à la plage de la commune, le concert de chaba Souad et cheb Radwane Casa n’aura finalement pas lieu. Le P/APC s’est improvisé en gardien de la morale et a été érigé en héros par les habitants de la région réputés pour leur conservatisme. Face à ce phonème qui prend de plus en plus d’ampleur, le rejet de la culture sous prétexte de revendications socio-économiques peut vite dégénérer, surtout face au risque de récupération du mouvement par les adeptes de la pensée obscurantiste qui activent toujours. Preuve en est, de nombreux imams, dits modérés, subissent de nos jours des pressions au quotidien de la part de certains courants islamistes ennemis de la culture et de la vie. De son côté, le gouvernement ne s’est pas fait attendre pour répondre à ces agissement par le biais du Premier ministre Ahmed Ouyahia, qui a déploré le recours à l’émeute et qui a jugé que le chômage n’est pas une raison pour empêcher les gens d’assister à un gala artistique.

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