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jeudi, 04 octobre 2018 06:00

Lancement à l’occasion d’OpenNaqd, la bibliothèque virtuelle / Daho Djerbal : Octobre c’est l’acte manqué de la rencontre entre l’Etat et la société ”

Écrit par Adlène Badis
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A l’occasion du 30e anniversaire des événements du 5 Octobre 1988, la revue Naqd d’études et de critique sociale se lance pour la première fois dans le web en mettant en ligne un site intitulé OpenNaqd. Une bibliothèque virtuelle d’aide à la jeune recherche dans les domaines des sciences humaines et sociales, annexe à l’excellente revue Naqd, qui résiste malgré les difficultés.


« L’expérience professionnelle d’enseignants d’université depuis de longue date nous a montré que la situation actuelle de la recherche est vraiment laborieuse, puisque nos étudiants ont difficilement accès aux bases de données, sources, archives et aux documents dont ils ont besoin pour leurs travaux », dira Daho Djerbal, professeur d’histoire et directeur de la revue Naqd. Cet outil aura ainsi pour vocation d’apporter une aide à la jeune recherche notamment dans tous les domaines touchant à la société, à l’histoire et au patrimoine matériel et immatériel. « Les jeunes chercheurs y trouveront un moteur de recherche leur permettant de consulter archives inédites, documents, travaux, liens et des informations dédiés à la recherche en sciences humaines et sociales » est-il souligné dans le texte d’annonce. Le web permettra ainsi une meilleure exposition régionale. « La revue Naqd compte ainsi avec cette bibliothèque virtuelle accompagner et aider la jeune recherche du Maghreb et de la région MENA à surmonter ses difficultés d’accès aux bases de données scientifiques en raison des entraves de tous ordres mises à la liberté de circulation des personnes et des savoirs », soulignent les initiateurs de ce projet. Ce site sera lancé « à titre expérimental » à l’occasion du 30e anniversaire des manifestations du 5 Octobre 1988. Des événements, dira-t-on qui ont ouvert une brèche « dans les systèmes autoritaires de monopole du pouvoir et du savoir ». En cette occasion seront mis en ligne deux documents importants d’octobre 88 : le bulletin de liaisons du comité inter-universitaire de coordination pour la démocratie qui était né en octobre 88 en assemblée générale de l’université de Bab Ezzouar, et sera également édité le texte qu’avait publié en 1989 Said Chikhi sociologue de renom et l’un des fondateurs de la revue Naqd pour analyser l’évènement du 5 octobre 88. « Les chercheurs, les journalistes et autre enseignants trouveront une référence lorsqu’ils parleront d’octobre 88, à la foi contextuelle mais aussi une analyse de fond de l’évènement d’octobre ». Ce texte intitulé « Algérie, du soulèvement populaire d’octobre 1988 aux contestations sociales des travailleurs », reste prémonitoire des événements qui vont imprimer l’Algérie durant les décennies qui suivront. Trente ans après cet épisode marquant de l’histoire de l’Algérie, la nouvelle génération est loin de saisir vraiment ce qu’a constitué le 5 Octobre dans la vie contemporaine de la nation. D’où l’intérêt de l’initiative. « On met à disposition à cette génération notamment toute la chronologie des faits qui ont eu lieu, en plus d’une analyse de ces événements », dira Djerbal pour qui « le temps présent ne peut se comprendre que par les actes manqués des périodes précédentes, et donc le 5 Octobre c’est l’acte manqué de la rencontre entre l’Etat et la société, qui a dégénéré en affrontement et en hostilité systématique entre l’Etat et la société ». Que reste-t-il justement aujourd’hui des acquis de cet événement considéré comme fondateur ? « Les acquis d’octobre n’ont certes pas été perdus mais ont été particulièrement remis en question, c’est resté dans les mémoires mais remis en question par les politiques tant dans le pouvoir que dans l’opposition, la responsabilité reste commune » soulignera Daho Djerbal ajoutant que « l’Algérie est toujours maintenue en état de sous perfusion « pétrolière », telle qu’on invente de nouvelles façons d’extraire du pétrole et du gaz très dangereuses pour la société et pour notre avenir ».

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