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mardi, 02 janvier 2018 06:00

Le film de la contestation depuis jeudi

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Quatre jours après le début des manifestations de rue à Téhéran ainsi que d’autres villes du pays, la contestation en Iran oscille entre un caractère socio-économique et une hostilité politique difficile à cerner en l’absence d’indications tangibles pour l’instant. Les scènes de colère se sont poursuivis hier en dépit de l’appel au calme du président Hassan Rohani. Retour sur le film des évènements.


Machhad
Le 28 décembre, des centaines de personnes manifestent à Machhad (nord-est), deuxième ville du pays, ainsi que dans d’autres villes contre la hausse des prix, le chômage et le gouvernement. Selon des images vidéos diffusées par le média réformateur, les protestataires ont scandé «mort à Rohani» et critiqué les engagements du gouvernement dans d’autres causes régionales plutôt que sur le front domestique.


Passe d’armes Téhéran-Washington
Le 29 décembre, des centaines de personnes manifestent à Qom (nord) en scandant notamment «Mort au dictateur» ou encore «Libérez les prisonniers politiques», selon des vidéos sur les réseaux sociaux. Le premier vice-président Eshaq Jahanguiri accuse des opposants d’être derrière ces mouvements de protestations. «Certains incidents survenus dans le pays (ont eu lieu) sous le prétexte de problèmes économiques mais il semble qu’il y ait autre chose derrière eux», affirme-t-il. Les Etats-Unis condamnent la vague d’arrestations. «Les dirigeants iraniens ont transformé un pays prospère doté d’une histoire et d’une culture riches en un Etat voyou à la dérive», affirme la porte-parole de la diplomatie américaine.


«Rassemblements illégaux»
Le 30 décembre, le pouvoir mobilise des dizaines de milliers de personnes dans les rues pour marquer l’anniversaire du grand rassemblement prorégime qui avait sonné en 2009 la fin de la contestation contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. Le ministre de l’Intérieur demande à la population de ne pas participer à des «rassemblements illégaux». A la mi-journée, des dizaines d’étudiants rassemblés devant l’entrée principale de l’université de Téhéran sont dispersés par les forces de l’ordre avec des gaz lacrymogènes. Puis des centaines d’étudiants prorégime criant des slogans contre les «séditieux» prennent le contrôle du lieu. En fin d’après-midi, des centaines de personnes manifestent dans le quartier de l’université, scandant des slogans hostiles au pouvoir, avant d’être dispersées par la police.


Manifestants tués
Dans la nuit, deux manifestants sont tués lors de heurts à Doroud (Ouest), selon un responsable local, qui précise que les forces de sécurité n’ont pas tiré sur les protestataires. Des vidéos montrent des milliers de personnes défilant dans les villes à travers l’Iran. Le 31 décembre, le ministre de l’Intérieur met en garde ceux qui «utilisent la violence et créent du désordre». Ils «doivent répondre de leurs actes et payer le prix», déclare-t-il. L’accès aux réseaux sociaux Telegram et Instagram sur les téléphones portables est de nouveau restreint. Les autorités accusent des groupes «contre-révolutionnaires» basés à l’étranger d’utiliser ces réseaux pour appeler les gens à manifester et faire usage de cocktails Molotov et d’armes à feu.Dans la nuit, de violentes manifestations secouent une dizaine de villes.


Fauteurs de troubles
Selon la télévision d’Etat, six personnes ont été tuées par des «tirs suspects» dans les violences qui ont touché Toyserkan (ouest). Selon des médias, deux manifestants ont été tués par balles à Izeh (sud-ouest) et deux à Doroud. Le 1er janvier 2018, le président Rohani déclare que le peuple iranien répondra aux «fauteurs de troubles et hors-la-loi». Il qualifie les protestataires de «petite minorité qui (...) insulte les valeurs sacrées et révolutionnaires».
Source : AFP

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