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jeudi, 04 janvier 2018 06:00

Elle est devenue le symbole d’une nouvelle génération de résistants : Ahed, la belle promesse de la cause palestinienne

Écrit par Rabah Serradj
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Elle pouvait vivre sa vie d’adolescente comme les filles de son âge, faite d’insouciances et de rêves. Elle a choisi le long chemin sinueux et difficile de représentante de la dignité dans un monde d’injustices. Ahed Tamimi, 16 ans, est devenue la nouvelle icône de la révolution palestinienne et un symbole dans sa lutte contre le colonisateur et l’usurpateur des terres.


La jeune fille a grandi dans son village de Nabi Salah, en Cisjordanie occupée, une localité de révolutionnaires, où les habitants sont restés dignes face à l’occupation. Depuis sa tendre enfance, Ahed a vu la soldatesque israélienne exercer ses exactions dans son village, son quartier, lui voler son enfance et son avenir. La revanche est devenue son projet. Ahed a compris très jeune que la seule justice possible est celle qu’elle arrachera seule, de ses propres mains. Elle a entrepris de gifler chaque soldat israélien à sa portée. Des images que la postérité photographique enregistrera. Devenu adolescente, le chemin s’imposera de fait. La famille d’Ahed Tamimi est une famille de révolutionnaires. Son père, sa mère, ses cousins et cousines ont la résistance comme crédo, jusqu’à connaître les affres des geôles israéliennes. Une nuit, l’armée d’occupation est venue arrêter Ahed. Sans surprise. La posture de défi de l’adolescente dérange l’Etat criminel. Son père publie une poignante lettre pour sa fille en détention dans les prisons de l’occupant intitulé « Ma fille, ce sont des larmes de lutte ». S’adressant aux geôliers israéliens, il dira : « Bien que ce soit sa première détention, les geôles de votre régime ne sont pas inconnues d’Ahed. Sa vie entière s’est passée sous l’ombre pesante de la prison israélienne, à commencer par les longues périodes où j’étais emprisonné, qui ont taché son enfance, en passant par les arrestations à répétition de sa mère, de son frère, de ses amis et amies, et jusqu’à la menace, à la fois occulte et manifeste, de la présence de vos soldats parmi nous. Son arrestation n’était donc qu’une affaire de temps, une tragédie inévitable en attente de réalisation. » Le père d’Ahed rappellera que sa fille n’a que 16 ans, et qu’elle est « une représentante d’une nouvelle génération de notre peuple, des jeunes combattants pour la liberté. Cette génération est contrainte de mener sa lutte sur deux fronts… Ces jeunes ont le devoir de persister et de lutter contre le colonialisme israélien, contexte dans lequel ils sont nés, et ceci jusqu’à l’effondrement de celui-ci. Et d’autre part, ils sont contraints de défier la dégénérescence et l’immobilisme politiques qui nous ont atteints. Ils ont le devoir de devenir la veine de vie qui fera ressusciter notre révolution à partir de la mort qu’engendre une culture de passivité croissante, enracinée dans des décennies d’inaction politique. »
Ahed Tamimi est bien tout cela. Une promesse de la révolution palestinienne appelée à se régénérer. L’adolescente, qui intrigue les médias occidentaux, décontenancés par tant d’outrance, envoie un message au monde, une alerte sur un peuple qui n’arrête pas de lutter. Les médias sionisés se sont empressés de jouer leur rôle habituel, celui de jeter l’opprobre sur ce « nouveau visage de la résistance palestinienne ». Il fallait vite décrédibiliser cette jeune fille suscitant un peu trop de sympathie à travers le monde. Belle, chevelure blonde en liberté, rebelle, elle ne laisse pas indifférent. Ahed Tamimi arrêtée et déférée devant la justice militaire de l’Etat colonisateur n’en finit pas de défier l’ordre colonial de sa frêle silhouette. Son sourire face aux photographes du monde entier semble une véritable ambition, une annonce que le combat ne fait que commencer. On raconte qu’en guise de réponse à l’interrogation d’un juge israélien lui demandant « comment as-tu giflé l’un de nos soldats ? », la jeune fille palestinienne lui a répondu « enlevez mes menottes, je vais vous montrer ». Une cinglante réplique assimilée par certains à la phrase de Larbi Ben M’hidi et ses fameux couffins. Ahed Tamimi est déjà devenue le symbole de cette nouvelle génération de révolutionnaires palestiniens différents de leurs prédécesseurs arrivés à une impasse après tant de compromission. Etat distinctif de cette génération, sa spontanéité. Une seconde jeunesse à la révolution. 

Dernière modification le jeudi, 04 janvier 2018 01:58

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