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mercredi, 11 juillet 2018 06:00

OTAN : Un sommet sur fond de querelle de financement

Écrit par Anis Remane
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Les pays membres de l’Otan se réunissent aujourd’hui pour un sommet à Bruxelles marqué par les querelles d’argent et de financement des dépenses militaires.


Depuis son arrivée à la Maison Blanche, le président Donald Trump n’a pas cessé de critiquer les Etats membres sur la faiblesse de leur contribution à l’effort militaire de l’Alliance. Il vient de le rappeler à la veille du sommet appelant les Européens à respecter leur engagement de porter leurs dépenses à 2% de leur PIB en 2024.
Le président des Etats-Unis vise particulièrement l’Allemagne, la première économie européenne, dont les dépenses pour la défense représentent 1,24% de son PIB. Depuis lundi dernier, il prépare le terrain en enchaînant les tweets vindicatifs à l’égard des membres de l’Alliance. « Les Etats-Unis dépensent bien plus pour l’Otan que n’importe quel autre pays. Ce n’est pas juste, ni acceptable », a-t-il écrit lundi sur Twitter. « Les pays de l’Otan doivent payer plus , les Etats-Unis doivent payer moins. Très injuste ! », a-t-il surenchéri mardi d’après avant son départ pour l’Europe. « Ce n’est pas juste pour le contribuable américain.
Les Etats-Unis ont assumé un peu moins de 72% des dépenses de l’Otan en 2017 : 686 milliards de dollars sur un total de 957 milliards de dollars dépensés par ses 29 membres pour leur défense. De nouveaux chiffres publiés mardi semblent confirmer l’argumentation du président américain, sept pays seulement -le Royaume-Uni, la Grèce, la Lettonie, l’Estonie, la Pologne, la Lituanie et la Roumanie- devant atteindre en 2018 l’objectif de 2% du PIB en dehors des Etats-Unis. « Le partage du fardeau n’est pas équitable», a reconnu, mardi, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg.
Mais « des progrès considérables ont été accomplis », a-t-il estimé. « L’Europe dépense aujourd’hui beaucoup plus dans la défense que la Russie et autant que la Chine », a pour sa part souligné le président du Conseil européen Donald Tusk, s’adressant directement à M. Trump. « J’espère que vous ne doutez pas qu’il s’agisse d’un investissement dans notre sécurité, ce qui ne peut pas être dit avec la même assurance au sujet des dépenses russes et chinoises », a lâché le dirigeant polonais dont le pays fait de la Russie une menace permanente.


Pression sur les Européens
« Chère Amérique, considérez mieux vos alliés, après tout vous n’en avez pas tant que ça », a-t-il également déclaré M. Tusk, se faisant le porte-voix des Européens, qui craignent qu’avec ses critiques, le président américain ne cherche à les diviser et à remettre en cause le fonctionnement même de l’Alliance, après avoir déjà fait capoter un G7 en juin au Canada. Le président du Conseil européen a rappelé que l’Europe avait été « la première à réagir » après les attentats du 11 septembre 2001 sur le sol américain, « 870 hommes et femmes européens » ayant « sacrifié leur vie » en Afghanistan. « Monsieur le Président, n’oubliez pas cela demain, lorsque nous nous réunirons au sommet de l’Otan, mais surtout lorsque vous rencontrerez le président Poutine à Helsinki. Il est toujours intéressant de savoir : qui est votre ami stratégique ? Et qui est votre problème stratégique ? », a-t-il lancé. Pour sa part, Donald Trump a estimé, mardi, que sa rencontre avec Vladimir Poutine à Helsinki après la tenue du sommet de l’Otan pourrait être plus facile que le sommet de l’Otan à Bruxelles ou même sa visite au Royaume-Uni, au moment où il embarquait pour une tournée européenne de plus d’une semaine. « Il y a l’Otan, le Royaume-Uni (...) et il y a Poutine », a-t-il déclaré depuis les jardins de la Maison Blanche, énumérant son programme.
« Franchement, Poutine pourrait être le plus facile de tous. Qui l’aurait pensé ? », a poursuivi M Trump au sujet de son premier sommet bilatéral prévu lundi prochain avec son homologue russe. « Je pense que le fait de bien s’entendre avec la Russie, de bien s’entendre avec la Chine, de bien s’entendre avec les autres est une bonne chose. Pas une mauvaise chose, cela fait des années que je le dis », a déclaré M. Trump en amont du sommet qui aura lieu dans la capitale finlandaise.

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