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mardi, 04 décembre 2018 06:00

Avant-première du film «La Voix des anges» de Kamel Iaïche : La jeunesse algérienne entre violence, désespoir et espoir

Écrit par Fadila Djouder
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Le long métrage «La Voix des anges» de Kamel Iaïche, en compétition dans la catégorie fiction du 9e Festival international du cinéma d’Alger dédié au film engagé (Fica), a été projeté avant-hier soir en avant-première à la salle Ibn Zeydoun de l’Office Riadh El Feth d’Alger, salué par de longs applaudissements du nombreux public présent.

«La Voix des anges» de Kamel Iaïche aborde les dangers de la violence qui gangrène la société et la jeunesse, que le réalisateur a choisi de raconter à travers l’histoire de deux jeunes hommes, Mahrez campé par Nacim Madani, et Farouk joué par Hamza Laroussi. Dans la première histoire, le film nous relate la vie amère d’un jeune qui essaye à tout prix d’échapper à un quotidien rempli de violence en se cachant derrière la consommation de drogue. En effet, Mahrez est l’un de ces jeunes pour qui la société n’a offert aucun cadeau, il vit entre la violence de son père qui tabasse tous les jours sa mère et s’en prend à lui en le traitant de vaurien et les soirées avec ses potes où il fuit sa réalité dans les effluves de la drogue. Un jour, alors qu’il est sorti de chez lui, il commet pour la première un vol qui changera toute sa vie. Le jeune homme se retrouve entre les mains de la police après avoir dérobé un téléphone portable à un réalisateur. Il sera sauvé par sa mère (Rania Serouti) qui a supplié le réalisateur Khaled (Nidal El Melouhi) de lui pardonner. Contre toute attente, Khaled retire sa plainte et décide d’intégrer Mahrez dans son équipe de tournage. Le réalisateur lui offre ainsi la chance de sa vie en le prenant sous son aile. Mahrez trouve alors une échappatoire à son sombre destin et décide, à la fin du film, de sauver sa mère en l’emmenant très loin de la violence conjugale qu’elle subit de plus en plus jour après jour.  Quant à la deuxième histoire, que le réalisateur a décidé d’intégrer comme un film dans un autre, elle revient sur la façon dont Farouk s’est retrouvé du jour au lendemain entre les griffes d’un groupe d’extrémistes qui essayent de lui laver le cerveau en le droguant de stupéfiants et de mensonges. Un jour, alors qu’on l’a éloigné de sa famille en lui faisant croire que son père est mort et que la police était à sa recherche, on le pousse à tuer un professeur. Ne pouvant pas accomplir sa mission, il est à son tour assassiné. Il est à noter que le réalisateur dans le film, Khaled, a joué le rôle du sauveur en délaissant lui-même sa famille. A la fin du film on le voit aller chercher sa famille afin de se donner une deuxième chance.
Les maux sociaux de la drogue et de la violence familiale
Le film, qui a soulevé différents maux sociaux à savoir la drogue, la violence envers les femmes et les enfants ou encore le terrorisme, était plutôt réussi malgré la longueur de certaines séquences qui ont généré un ennui. Lors du débat qui a succédé à la projection, Karim Iaïche confirme que ce film porte une certaine accusation au père qui est le premier responsable au sein d’un foyer. «On est tous concernés, un père indigne doit être combattu. Souvent on considère que cette nouvelle génération va nous mener droit au mur, mais on oublie que ces enfants sont nos enfants et s’ils sont ainsi, c’est d’abord la responsabilité des pères. Et effectivement, il y a un procès du père qui se dégage du film», dira-t-il. Pour avoir intégré un film dans un autre, où il aborde la question du terrorisme, le réalisateur explique que «le terrorisme reste un problème incontournable, chose que j’ai toujours montrée dans mes travaux. J’essayerai de ne pas l’écrire dans mon prochain scénario. Mais, il faut rappeler que ce sujet est important car, d’une part, il nous a déstructurés, et d’autre part, la société est encore aujourd’hui traumatisée par cela et le débat d’aujourd’hui le confirme.». Il tient toutefois à préciser que «le thème du film est la violence et le fait que nous avons une responsabilité dans l’éducation de nos enfants». Ainsi, le réalisateur tient à souligner qu’il a placé le terrorisme dans un second plan car, selon lui, «ce qui m’intéresse, c’est la nouvelle dynamique des jeunes en dehors du terrorisme et surtout leur avenir. Le terrorisme a servi à montrer une deuxième facette de cette dynamique, car je suis certain que la jeunesse d’aujourd’hui est encore menacée par l’intégrisme». Il ajoute : «Pour moi, le personnage principal du film est celui de Mahrez. Car ils sont nombreux dans notre société qui pensent être perdus car ils n’ont pas fait d’études et pensent n’avoir plus de vie. C’est cela que j’avais envie de raconter.» Dans ce film, le réalisateur a également introduit un extrait d’un discours de l’intégriste et ex-émir national de l’ex-AIS Madani Mezrag. Il s’explique à ce sujet en déclarant : «Je ne supporte pas son arrogance et je tenais à le rappeler aux gens, car quand quelqu’un comme lui vient sur une chaîne de télévision parler de cette façon, en essayant de terroriser les gens, c’est inadmissible. Par conséquence, j’ai voulu le signaler. » En ce qui concerne le titre du film «La Voix des anges », le réalisateur affirme qu’«il y a toujours des anges qui nous parlent. On y trouve des anges blancs ou encore noirs, mais on ne sait pas qui est angélique ou qui est diabolique». Il ajoute sur le fait que le réalisateur dans son film a fait fuir sa famille, que «le grand problème est que certains artistes veulent sauver le monde en oubliant de se sauver soi-même et surtout les gens qui sont le plus proches d’eux». A propos de la longueur des plans, le réalisateur met en exergue le fait que «ce sont des plans habillés musicalement. On y trouve de très grandes phrases musicales qui ne sont pas audibles. Dans ces séquences, c’est la musique qui est chargée de narrer l’histoire. Je ne cherche pas à me cacher derrière quoi que ce soit, mais la musique était l’élément du récit sur certains passages». Au final, Kamel Iaïche rappelle que le film a été totalement financé par le CADC et le FDATIC, en soulignant qu’«il faut savoir que ce film a été réalisé avec un très petit budget, à savoir entre 35% et 38% de sa valeur réelle. Je tiens à remercier toute l’équipe de ce projet qui a mis tous ses efforts pour que ce film soit réalisé». Le réalisateur confie également : «Nous avons commencé le tournage de ce film le 16 septembre 2017. Et en réalité, ce film est près depuis deux jours seulement.»

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