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mercredi, 05 décembre 2018 06:00

Conférence-débat d’André Gazut, aujourd’hui, à l’Oref : Témoigner de l’horreur de la torture durant la « guerre d’Algérie »

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En marge des projections organisées dans le cadre du 9e Festival du film engagé, une conférence-débat, avec André Gazut, réalisateur de «Pacification en Algérie», aujourd’hui dès 10 heures à la salle Franz-Fanon de Riadh El Feth.

André Gazut, ancien déserteur de l’armée coloniale française, réalise en 2002 pour ARTE, « la Pacification en Algérie », un documentaire dénonçant la pratique de la torture par l’armée française pendant la guerre d’Algérie en deux parties. 1re partie, «Le Sale Boulot » (60 min.) de 1945 à 1957, et 2e partie, « La Politique du mensonge » (60 min.) de 1957 à 1962. Dans la première partie, les faits commencent en 1945 pour s’interrompre en 1956. La « pacification » de l’Algérie est officiellement une opération de police qui dépoussière les lois de « responsabilité collective » abrogées à la Libération par de Gaulle. On censure la presse, on ouvre des « camps de regroupement », on menace les soldats qui oseraient dénoncer les tortures. En fait, une véritable guerre qui va s’intensifier en 1958 avec le vote des pleins pouvoirs à l’armée. Dans cette première partie, André Gazut fait ressortir notamment deux problématiques cruciales : où finit la soumission à l’autorité ? où commence la responsabilité de l’individu ? Dans la seconde partie de « Pacification en Algérie », André Gazut pose la question des responsabilités, morales et politiques, des élites. Un réquisitoire accablant.
C’est dans cet esprit d’éveil des consciences qu’André Gazut animera cette conférence, aujourd’hui, aux profits d’étudiants et de professionnels de l’audiovisuel et où le grand public est aussi cordialement invité. Lors de cette conférence, plusieurs problématiques seront abordées par le grand réalisateur suisse, à l’instar de « Comment aborder, après avoir été soi-même un déserteur, un aspect aussi douloureux que la torture pendant la guerre d’Algérie ? », « Quels outils documentaires pour l’investigation, la recherche des archives et le choix des intervenants ? » Et « quelle démarche technique, artistique et politique adopter pour faire œuvre de témoin d’un des événements marquants du milieu du XXe siècle ? »
Jeune reporter-photographe, incorporé en Algérie à l’âge de vingt ans comme infirmier dans les parachutistes, la vie d’André Gazut va basculer lorsqu’il découvre sous le choc des photographies de torture vues en novembre 1956 dans sa rédaction. C’est avec conviction qu’il décide de déserter. Obsédé par cette guerre qu’il s’est refusé de faire, il couvrira une quinzaine de conflits comme réalisateur. En 1960, il entre à la Télévision suisse romande. Il a été le caméraman du documentaire « Le Chagrin et la Pitié » de Marcel Ophüls en 1969. Réalisateur de nombreux reportages pour le magazine suisse « Temps présent ».
Dans un poignant texte intitulé «Témoigner de l’horreur pendant la guerre d’Algérie », André Gazut écrit : «Pour moi, orphelin d’un père mort prisonnier en Allemagne, la torture, c’est le symbole du nazisme. Mais en Algérie, c’est mon pays qui torture, humilie.» Il explique aussi dans cet écrit comment est née l’idée de ce documentaire, en écrivant que « Patrice Barrat, producteur d’Article Z, me demande alors de développer un projet sur cette «guerre refoulée». Le temps est venu d’aborder les non-dits de la guerre d’Algérie. Recueillir les témoignages des appelés est nécessaire, mais il faut situer le contexte de ce conflit : guerre froide, perte de l’Indochine, décolonisation ».
Il s’agira dès lors, tel que le souligne André Gazut, d’appréhender la faiblesse politique de la IVe République qui ne résistera pas à la poursuite de la guerre en Algérie. Recréer l’ambiance dans laquelle se trouve le jeune appelé, soumis à la propagande de l’action psychologique de l’armée. Ne pas oublier les occasions manquées de négociations possibles. « Et puis, présenter les mensonges des politiques, des militaires et le silence de l’aumônerie militaire. Faire reposer le film sur ma propre expérience de jeune Français pendant la guerre d’Algérie qui choisit de déserter».

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