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jeudi, 06 décembre 2018 06:00

Fica / Court métrage : «Black Spirit» sur les traces de la légende des Samouraïs africains

Écrit par Fadila Djouder
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Le court métrage « Black Spirit » (Esprit Noir) du Franco-Tunisien Chakib Taleb-Bendiab a été projeté, avant-hier à la salle Ibn Zeydoun (Riadh-el-Feth) dans le cadre du 9e Festival international du cinéma d’Alger dédié au film engagé (Fica).

Le film relate le vécu d’un archéologue français, épuisé par le monde, qui part à la recherche du mystérieux «Black Spirits», un clan légendaire du samouraï africain. Le film débute par une image floue du chercheur qui part vers le Sahara à la recherche des Samouraïs africains. C’est en tout cas ce que croit le personnage principal, un vieux professeur dont on ne connaîtra jamais le nom. Muni d’une copie de carte ancienne, il est convaincu d’avoir trouvé la trace d’un clan d’Esprits Noirs dans le désert tunisien. Tout le monde le prend pour un fou. Un jour alors qu’il est épuisé et malade, il s’évanouit au milieu de nulle part, et voilà qu’un Samouraï noir arrive sur son chameau et le sauve en l’emmenant dans sa tribu. L’homme se réveille ensuite à la même place. La fin du film nous montre le chercheur assis seul devant la mer avec un tatouage de cette tribu sur le dos. Le réalisateur nous plonge, alors, dans une énigme sans savoir si le personnage, rencontra pour de vrai cette tribu ou si cela s’est seulement passé dans sa tête.

Lors du débat qui a succédé à la projection, Chakib Taleb-Bendiab affirme «le mythe du samouraï africain Yasuke existe au Japon depuis 1650. C’est l’histoire vraie d’un esclave noir qui appartenait à un prêtre portugais qui l’a offert à un seigneur japonais Hosokawa». Ainsi, Yasuke est le nom du premier Samouraï africain. Un ancien esclave qui fut «offert» au seigneur Hosokawa, au château de Kumamoto (Japon) en mars 1650. Son destin hors du commun le pousse à créer sa propre tribu de samouraïs. Les descendants de ce clan légendaire, plus connu sous le nom d’«Esprits Noirs» ou «Kuro no Seishin» en japonais. Il poursuit dans le même sillage que l’esclavagisme n’existait pas au Japon et c’est vraiment une notion occidentale et arabe. Ils ont plutôt des classes sociales, les Samouraïs et les paysans. Le brillant réalisateur confie qu’il est parti de l’idée que Yasuke retourna en Afrique où il décida de créer une tribu de Samouraïs africains qu’ils ont appelé «les Esprits noirs. Quant aux couleurs noir et blanc que Chakib Taleb-Bendiab a employées dans le court métrage, il nous explique que «dans les films, en général, l’emploi du noir et blanc, c’est pour faire du flash-back. Moi, je voulais faire l’inverse, c’est-à-dire le noir et blanc, c’est la vie du personnage qui tourne en boucle, car ce personnage n’a pas résolu cette histoire de samouraï et il tourne en rond. Quant à la couleur, c’est quelque part son rêve peut-être ».
Abordant un autre aspect technique du film, il explique à propos de l’utilisation du traveling arrière, qu’en vérité, «c’est plutôt un traveling avant qu’on a joué à l’envers pour montrer le tatouage sur le dos du monsieur. Pour moi, la réalité et la fiction sont en un seul morceau. C’est un suspense car, on ne saura jamais si le personnage avait le tatouage dès le début et qu’il est devenu fou car il tourne en rond. Ou peut-être la vérité, c’est qu’il a vu et vécu ce moment». Il ajoute à ce propos : « Je ne voulais pas qu’on sache où est la vérité et où est le rêve. Quelquefois, nous avons besoin de rêve car on ne rêve pas assez, surtout quand nous avons beaucoup de choses en tête. » Sur la signification du tatouage, le réalisateur explique aussi que le symbole japonais de ce clan se résume en six lunes qui entourent le soleil. Et qu’ainsi, il a imaginé que la tribu a repris ce signe. Dans un autre registre, il assure que le film a été réalisé sans budget et que toute l’équipe a travaillé gratuitement. Les dépenses ont consisté en deux billets d’avion et ceux de la nourriture. « C’est grâce à mon équipe qui a tout donné que nous avons abouti à ce résultat», confie-t-il. Chakib Taleb-Bendiab nous affirme aussi que «lors du tournage, nous avons eu de problèmes techniques énormes. On a cassé deux lentilles car nous n’avions pas prévu une tempête de sable. Et en quatre jours et demi de tournage, nous avons parcouru
1 200 kilomètres». A propos du personnage central de cette histoire, il explique qu’il voulait un personnage en fin de souffle de vie. Pas forcément physique, mais surtout mental et psychologique. Il souligne à ce propos que «quelquefois, ce n’est pas la vie qui vous emporte mais c’est vous qui lâchez la vie. Il y a aussi ce côté entre la vie et la mort. C’est-à-dire que la mort n’est pas que la mort. Elle est aussi la vie, une renaissance ». « C’est pour ça, quand il boit le thé, il est entouré de feu. C’est le phœnix, il renaît de ses cendres », précisera le réalisateur, en ajoutant qu’«il y a toujours un message mystique, soufi. Oui, il est à bout de souffle parce qu’il n’arrive pas à trouver une vraie cause dans sa vie. Tant qu’il ne l’a pas trouvée, c’est comme s’il n’avait rien réussi. En réalité, il veut se sauver lui-même».

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