Pokemon Go app download for android. Get Prisma app for android and edit pics. prisam apk.
jeudi, 06 décembre 2018 06:00

«Rusty Boys» projeté au 9e Festival international du cinéma d’Alger : Vieux et rouillés, mais rebelles

Écrit par Fayçal Métaoui
Évaluer cet élément
(0 Votes)

L’Europe, qui refuse de voir l’arrivée de l’hiver démographique, ne sait presque plus quoi faire de ses vieux. Et, les personnes âgées sont perdues face au naufrage de la vieillesse dans un continent où la vie moderne a effacé certaines valeurs. Le Luxembourgeois Andy Bausch le suggère clairement dans sa comédie noire «Rusty boys» (Garçons rouillés), projetée, mardi soir, à la salle Ibn Zeydoun, à l’occasion du 9e Festival international du cinéma d’Alger (Fica).

Fons (Marco Lorenzini), Nuckes (André Jung), Lull (Paul Greisch) et Jangi (Fernand Fox), âgés entre 65 et 84 ans, se sentent à l’étroit dans une maison de retraite où les règles sont strictes et absurdes. La jeune directrice (Fabienne Elaine Hollwege) se comporte avec les pensionnaires comme une institutrice sévère. Ils n’ont pas le droit de fumer, de boire, de regarder les films qu’ils veulent à la télé… Fons, Nuckes, Lull et Jangi décident de quitter les lieux en quête de liberté, d’autres sont renvoyés pour «mauvais comportement». Ils se rebellent à leur manière.
Ils ne peuvent plus compter sur leurs enfants, eux-même engloutis dans les problèmes de tous les jours. «Je paye mes factures et tes factures», dit Lull à son fils, un artiste raté. Une pensionnaire dit à sa fille : «Je t’ai légué ma maison, et voilà où je me retrouve».
A travers les dialogues et les situations, «Rusty boys» porte une féroce critique du «système» familial européen fait de rejet des personnes âgées, d’ingratitude des enfants et de froideur entre proches.
Fons et ses amis ont voulu racheter une maison pour en faire «un endroit autonome» où ils peuvent vivre en communauté, comme les hippies des années 1970.
Mais, ils se sont retrouvés face aux blocages bureaucratiques (oui, ça existe même au Luxembourg !) d’une ministre qui conditionne le lancement du projet par la possession «d’un capital», la création «d’une association avec des statuts et des membres» et d’autres choses.
Continuer de vivre…
La banque leur refuse le financement. Que faire ? Ils se débrouillent comme ils peuvent pour concrétiser leur projet de «retrouver» la liberté. « Cette maison est une nouvelle vie pour nous », dit l’amie de Lull. Poussés par l’énergie du désespoir, mais sans jamais perdre le sens de l’humour, les vieux copains vont surmonter leur douleur et leur mélancolie pour reprendre la route, une nouvelle fois.
La dissidence dans l’âme, ils ne se laisseront pas faire. La référence à l’univers cow-boy où seul le plus fort reste sur son cheval n’est pas un hasard. Sur la lancée de son précédent film, «Le club des chômeurs», Andy Bausch explore l’idée d’un certain humanisme qui se perd dans un monde impitoyable où l’argent est au cœur de tout, où l’égoïsme est érigé en valeur cardinale et où les ruptures sociales sont douloureuses. Moins agitée que «Les vieux fourneaux», la dernière comédie du genre du français Christophe Duthuron, «Rusty boys» rappelle que l’âge avancé et la faiblesse physique n’empêchent pas de continuer de vivre, de donner un bon coup de gouvernail pour changer la direction d’une existence. Rien n’est perdu d’avance. Tout peut arriver. Tout.
Avec des acteurs admirables et un scénario bien mené, Andy Bausch démontre, encore une fois, que la comédie n’est pas un art mineur lorsqu’il est question d’aborder des questions sérieuses et contemporaines.

Laissez un commentaire