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mardi, 10 juillet 2018 06:00

Après avoir produit un film sur la ville de Kenadsa : Le groupe Essed prépare un nouvel album

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À Béchar plus qu’ailleurs, le groupe Essed de Kenadsa est un véritable phénomène. A chacune de ses prestations, il attire de nombreux spectateurs, et notamment des jeunes qui viennent pour écouter les textes revendicatifs traitant de réalités sociales mais aussi pour danser sur les rythmes des percussions et les airs du guembri et de la mandole.

Essed s’est produit lors de l’avant-dernière soirée du Festival culturel national de la musique diwane de Béchar et, comme attendu, les spectateurs étaient nombreux à répondre présents et à l’applaudir. S’illustrant dans le genre Ghiwane et particulièrement proche du style du groupe marocain Lemchaheb, Essed, qui inclut dans son répertoire sur scène des morceaux du diwane, réussit à chacun de ses passages à marquer les esprits par son verbe haut, sa musique entrainante, et le charisme de son chanteur/leader, Lahcen Bastam «Hcina». Mercredi dernier, Hcina et ses compères, ont repris, dans une effervescence générale, plusieurs titres de leur répertoire, dont «Maydoum hal» et «El Mizan maâdoul», le bordj diwane «Bania» exécuté avec brio par maâlem Hakem, «Ya Latif», une reprise de Lemchaheb et le classique «Ben Bouziane». Créé en 1979 puis relancée fin 2005 par Lahcen Bastam, Essed a connu différents changements/transformations, mais cela n’a pas altéré sa musique qui reste toujours très actuelle et proche des jeunes et de leurs aspirations. Il s’est même bonifié avec le temps et son sens de la scène est exceptionnel. Composé initialement d’artistes qui mènent aujourd’hui des carrières musicales en solo comme maâlem Mejbar, ou en groupe comme Larbi Bastam, membre d’El Ferda, le groupe est aujourd’hui constitué de jeunes et de moins jeunes qui continuent d’œuvrer pour faire entendre «la voix du peuple». «Nous sommes des enfants du peuple (Ouled chaâb) et notre préoccupation première ce sont les gens qui sont autour de nous et avec lesquels nous vivons. Leurs souffrances et les questions liées notamment à l’exclusion nous interpellent ; nous ressentons cette souffrance et nous la traduisons dans notre musique», nous indiquera Lahcen Bastam. Abordant leur cinquième album en préparation, notre interlocuteur signalera qu’«il s’intitulera ‘Essemt lina khir’ (on préfère garder le silence/le silence est mieux pour nous)». «Comme nous avons notre propre studio à Kenadsa, nous sommes assez libres, donc on compte rentrer en studio après les vacances, au mois de septembre, pour l’enregistrement de ce nouvel album qui ne sera pas différent de ‘Maydoum hal’ et de ce qui nous faisons habituellement. On a choisi cet intitulé parce qu’avec tout ce qu’on voit actuellement, toutes sortes d’injustices alors qu’on nous dit qu’on vit une période prospère, on s’est dit qu’il valait mieux garder le silence, d’où le titre de cet album», souligne Hcina, qui nous a affirmé que l’album sera disponible entre novembre et décembre.
Par ailleurs, le groupe Essed a produit au début de l’année un documentaire sur la ville de Kenadsa. Ecrit et réalisé par Lahcen Bastam (assisté à la réalisation par Hadj Bouhazma), et projeté deux fois (une avant-première à Kenadsa et une projection publique à la maison de la culture de Béchar à l’occasion du Nouvel an Amazigh), le documentaire a pour objectif principal, selon son réalisateur, «de montrer comment les gens vivaient à Kenadsa dans le passé, comme on vivait avant. Les gens menaient un mode de vie simple et pourtant, il y avait une grande solidarité et les gens étaient heureux». «On voulait rappeler la vie d’avant, les jours heureux, et surtout parce qu’on n’a pas su préserver ce qu’on avait», regrette Lahcen Bastam. Et d’ajouter : «L’autre objectif de ce film était de montrer que Kenadsa était une ville de science et de savoir. Les gens étaient instruits, civilisés et beaucoup de penseurs, d’écrivains sont originaires de la ville». Rien n’arrête donc la volonté et la motivation du groupe Essed, qui œuvre dans la musique et pour le rayonnement de sa ville et sa région. En effet, Lahcen Bastam a beaucoup soutenu et aidé les organisateurs du Festival Diwane, le seul événement d’envergure nationale dans la wilaya de Béchar, pour la mise en place et la tenue de la 11e édition. S. K.

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