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dimanche, 19 mars 2017 06:00

Abdelhamid Bencharif, professeur associé au Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes de Montpellier : « Aucun cluster ne fonctionne dans les règles de l’art »

Écrit par  Rafik AIOUAZ
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Afin de promouvoir l’innovation et la compétitivité des opérateurs de l’agroalimentaire, le cluster, groupement d’entreprises du même secteur ou de secteurs complémentaires, tend à renforcer, selon les économistes, le processus d’innovation et stimuler la compétitivité des différentes industries. Abdelhamid Bencharif, professeur associé au Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes de Montpellier, nous livre sa vision des opportunités à saisir et les obstacles à faire sauter pour relever l’industrie agroalimentaire en Algérie.


Reporters : Quels sont les bénéfices réels des clusters économiques dans l’agroalimentaire ?
Abdelhamid Bencharif : J’estime qu’il existe un besoin énorme en communication en matière d’économie agroalimentaire, et particulièrement tout ce qui concerne l’organisation des acteurs dans les territoires. Ce secteur est très favorable à la «clustérisation», car la coordination des acteurs dans le pays est au cœur de la régulation des filières agroalimentaires. Le développement agricole et la modernisation de l’agriculture dépend de plus en plus fortement de la structuration et de l’efficacité des filières agroalimentaires et donc de la mise à niveau des secteurs en amont et en aval du secteur agricole.


Sur quels plans l’industrie agroalimentaire en Algérie connaît-elle le plus de retard ?
L’allongement de la chaîne agroalimentaire n’a pas toujours été accompagné par une transformation des formes d’organisation des échanges. Malgré des progrès réalisés pour quelques produits, la productivité agricole et surtout celle des secteurs en aval, n’a pas connu les améliorations exigées, d’abord par la forte progression de la demande alimentaire puis par l’urgence de la compétitivité imposée par la récente ouverture des marchés. La fracture Nord-Sud risque de s’élargir à l’avenir, avec l’avènement de nouvelles technologies et la volonté affichée par les pays européens dans le cadre de la stratégie de Lisbonne de les utiliser pour devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde. Les clusters sont devenus des instruments incontournables de développement des territoires et d’appui au secteur privé. Pour l’agroalimentaire, ils constituent un outil de structuration et de compétitivité des filières.


Le contexte économique actuel est-il favorable à la formation de clusters dans ce secteur ?
Le contexte est favorable à la « clusturisation » qui constitue un cadre pour le partenariat public privé et l’animation du secteur privé. Pour cela, il est indispensable de coordonner les politiques agricoles et industrielles pour le développement régional et l’attractivité des territoires. Aussi, cela exige des dispositifs d’appui scientifique et technique novateurs. L’ampleur des besoins à satisfaire est grande en matière d’économie des connaissances, en termes de formation, d’information, d’innovation, et de mise en relation.


Quelles solutions préconisez-vous pour construire de bonnes pratiques dans le secteur agroalimentaire ?
Les clusters sont une opportunité certaine dans les pays du Maghreb, mais leurs mises en place se heurtent à plusieurs séries d’obstacles. Nous disposons maintenant d’une expérience appréciable dans plusieurs pays de la Méditerranée qui nous permet de dépasser les contraintes et construire des bonnes pratiques adaptées au contexte local. Il devient important, voire urgent, de mettre à profit les expériences accumulées en Algérie et aussi dans les pays voisins. A mon avis, c’est à ce niveau que se trouvent les thématiques les plus pertinentes : valoriser les expériences, clarifier les concepts et les approches et aplanir les confusions. Il faut aussi communiquer sur les avantages apportés par ces nouvelles approches et l’intérêt de leur mise en œuvre.


Y a-t-il eu des initiatives auparavant en ce sens ?
Concrètement en Algérie, c’est l’éternel recommencement. En effet, dans les années 1980, nous étions les précurseurs en matière d’économie agroalimentaire et de travail en réseaux technopolitains. Actuellement, plusieurs travaux nous classent comme «suiveurs» ou en tant que «carte vierge». En 2006, le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement avait organisé un colloque international sur les pôles de compétitivité et d’excellence avec la participation du ministre français de l’Aménagement du territoire et Cherif Rahmani, alors ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement. Sans suite ni commentaire ! La presse algérienne ces dix dernières années, concernant les clusters, publie beaucoup d’articles qui font l’apologie de programmes de clusters qui n’ont jamais existé, ou qui ont seulement existé le temps d’un financement international. En tout cas, dans mon secteur, celui de l’agroalimentaire, je n’ai pas connaissance d’un cluster qui fonctionne dans les règles de l’art. C’est ainsi que la confusion est auto-entretenue. 

Dernière modification le mercredi, 22 mars 2017 16:02

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