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jeudi, 29 décembre 2016 06:00

CHRONIQUE DES 2 RIVES/PAR-DELÀ LES AMALGAMES, LES RACINES DE L’HISTOIRE : Du « despotisme oriental » à l’islam fantasmé de Bonaparte (3)

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Jusqu’au siècle des Lumières, la critique de l’islam s’inscrivait dans une optique chrétienne. Avec Montesquieu, Voltaire et Rousseau, les philosophes des Lumières l’ont intégré dans une sorte de «laïcisation »

, dans le cadre d’une nouvelle vision du monde en liaison avec les transformations en cours en Europe. C’est aussi un champ d’expression qui s’ouvre aux philosophes pour traiter du « despotisme», du régime social et de la monarchie absolue française de l’époque, tout en ayant en ligne de mire l’islam. A partir de 1770, l’intérêt pour l’islam prend une autre direction qui est posée comme un champ possible d’expansion française. La critique du fanatisme sert de légitimation idéologique. Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que l’on admet, dans la généalogie des sciences et des arts, l’apport des Arabes. Le « despotisme oriental » qui fait pendant au fanatisme, selon les théories en vogue à la fin du XVIIIe siècle, ne peut être annihilé de l’intérieur. La délivrance de l’Orient viendrait en conséquence de l’Europe. Surtout au lendemain de la Révolution française dont le message se veut de résonance universaliste. L’expédition de Bonaparte en Egypte de 1798 en est l’expression concrète. Napoléon, contrairement aux idées dominantes, estime que « l’islam a gardé son potentiel de force révolutionnaire et de transformation sociale ».Son projet est de l’endiguer, sinon de le mettre au service de son grand dessein. Au-delà d’une vision assez fantasmatique de l’islam, Napoléon continuera d’en nourrir une image positive jusque dans son exil à Sainte-Hélène. En fait, la conquête de l’Egypte constituera une matrice pour les futures entreprises coloniales. A la conquête militaire doivent être adossés une organisation politique et un projet économique et culturel. Le dessein de faire soulever les Arabes contre les Ottomans n’aboutira point. 

Pour ce faire, il faudra attendre le grand « songe et mensonge » de Lawrence d’Arabie au service de Sa Majesté britannique pour que « la révolte arabe » advienne au début du défunt vingtième siècle...Ce n’est qu’en 1956 que le corps expéditionnaire français sera de retour en Egypte. La nationalisation du canal de Suez par Nasser a-t-elle vraiment sonné la fin du leadership de l’Europe dans la région ?
On ne compte pas les créations littéraires, cinématographiques, musicales, philosophiques, par le monde qui se sont nourries des contes des « Mille et une nuits». Tant d’écrivains occidentaux leur sont redevables. L’Orient, cet « ailleurs aux frontières floues », fascina durant des siècles les savants, les voyageurs et les aventuriers… Le XIXe siècle romantique interprétera selon les sensibilités et les intérêts du moment, l’Orient, ses paysages et ses gens.« Le menteur Magnifique » que fut Chateaubriand en bâtira un genre littéraire. Son « Itinéraire de Paris à Jérusalem », paru en 1811 est le récit de son voyage sur les ruines de la Grèce, en Terre-Sainte, en Egypte, en Tunisie et finalement en Espagne. En fait, c’est un monument à l’égo de Chateaubriand par lui-même qui se caractérise surtout par l’effusion du « Moi » à pleines pages. Ce n’est à proprement parler ni un journal ni un essai politique avéré. Mais il renferme des propos sinon contrastés non dénués de préjugés à l’endroit du Monde arabo-musulman. Il fait reposer en grande partie les tares du système politique imposé par les Ottomans sur la religion musulmane. Une telle approche qui n’est pas entièrement fausse aura la vie longue et ne manquera pas d’être resservie jusqu’à nos jours… On peut penser que le contraire est plus pertinent, la politique et les enjeux de pouvoir se légitimant par les crédos religieux…
« Sur les bords de cet océan imaginaire, un peu sur la gauche de notre horizon, et environ à une lieue de nous, le soleil brillait sur une tour carrée, sur un minaret élevé, et sur les larges murailles jaunes de quelques édifices qui couronnent le sommet d’une colline basse, et dont la colline même nous dérobait la base : mais à quelques pointes de minarets, à quelques créneaux de murs plus élevés, et à la cime noire et bleue de quelques dômes qui pyramidaient derrière la tour et le grand minaret, on reconnaissait une ville, dont nous ne pouvions découvrir que la partie la plus élevée, et qui descendait le long des flancs de la colline : ce ne pouvait être que Jérusalem ». Ces lignes sont de Lamartine dans « Souvenirs, impressions, pensées et paysages pendant un voyage en Orient », publié en 1835. Nous sommes en présence d’une vision plus ouverte et tolérante avec celui qui affirmait : « Je suis né oriental et mourrai tel. » Selon Lamartine, « toutes les religions avaient leur divine morale, toutes les civilisations leur vertu, et tous les hommes le sentiment du juste, du bien et du beau, gravé en différents caractères dans leur cœur par la main de Dieu »
« Le Voyage en Orient ». C’est à la fois une relation de voyage poétique, philosophique et initiatique, une découverte de l’Empire ottoman et de l’islam à travers la rencontre avec ses habitants de toutes confessions. Son ouverture à l’islam vaudra à Lamartine les foudres de la critique de l’époque. Parmi les premiers, il découvre en Orient la tolérance de l’islam et la cohabitation pacifique qui peuvent y régner entre chrétiens et musulmans, à l’opposé des préjugés qui prévalaient en Europe. Pour exemple, les troubles confessionnels du mont Liban étendus à Damas en juillet 1860. A cette date, l’Emir Abdelkader, l’âme de la résistance algérienne à la conquête française, exilé, finissait sa vie à Damas près de la tombe de son maître mystique Ibn Arabi. Abdelkader dut s’interposer par la force avec les membres de sa communauté pour protéger les familles chrétiennes venues se réfugier en nombre dans le quartier des Algériens. L’Emir Abdelkader, en remerciement de cet acte de protection des chrétiens de Damas, reçut diverses marques de reconnaissance venant du monde entier, notamment du pape, du tsar de Russie, d’Abraham Lincoln… Mais il ne put jamais revoir sa terre natale… A sa mort en fait, c’était moins le guerrier, le chef d’un Etat qui tenait dans les sabots de son destrier que le mystique qui attendait à Damas l’éternité aux côtés de son maître Ibn Arabi. Ses cendres furent rapatriées à Alger en 1966. Mais peut-on dire qu’on a suffisamment rendu justice à ce visionnaire ?

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