Pokemon Go app download for android. Get Prisma app for android and edit pics. prisam apk.

mou

jeudi, 16 février 2017 06:00

chronique des 2 Rives : Quand l’immigration était bonne pour servir de chair à canon

Écrit par  Abdelmadjid KAOUAH
Évaluer cet élément
(0 Votes)

La France est à la croisée des chemins. Et à chaque consultation électorale, les partis de la droite de plus en plus «décomplexée», surtout à l’extrême-droite traditionnelle ou New-look, voire une frange de plus en plus notable de «réformateurs », s’ingénient à mettre au centre de leur campagne la question tant rebattue de l’immigration.


Aux émigrés, depuis les croisades de Bush en Irak et celle de Sarkozy en Libye dans la mouvance des dits printemps arabes, on joint les cohortes malheureuses des migrants. Alors que la France se débat avec sa courbe du chômage - qui a contraint le chef de l’Etat, François Hollande, à ne pas postuler pour un nouveau mandat présidentiel - avec son faible taux de croissance économique, ses problèmes institutionnels, ses scandales politico-financiers à tous les niveaux, on croit pouvoir encore recycler une vieille antienne. Hier, c’était les Arabes. Aujourd’hui les musulmans. Il faut cependant ajouter au tableau, les ravages d’un terrorisme meurtrier qui se réclame sans vergogne de l’Islam qui sème la peur, le désarroi, et favorise la confusion et les raccourcis faciles. On sait que le terrorisme intégriste a commis et commet avant tout ses horribles forfaits dans de nombreux pays du monde arabo-musulman. Une évidence qui ne justifie aucune comptabilité macabre ni une quelconque surenchère victimaire. Faut-il rappeler encore que l’Afrique du Nord, l’Afrique, même colonisée, n’a pas été avare de sa chair et de son sang pour porter secours à la France ? Une véritable chair à canon. Et pour preuve, l’histoire est là pour en témoigner. Au lendemain de « la Conquête d’Algérie », la France a créé le premier corps de cavalerie « indigène », les Spahis et les Turcos durant la campagne de Crimée. En effet, le premier engagement des Zouaves dans l’armée française, durant un conflit européen, est intervenu en 1854 en Crimée. Quand Napoléon III vola au secours de l’Italie sous occupation autrichienne, on verra à nouveau les Zouaves monter au front. Ils délivreront des Autrichiens Montebello en 1859 et participeront, notamment, aux batailles de Palestro, Solferino et Magenta. C’est le fameux maréchal de Mac Mahon – passé à l’histoire pour ses « bons mots » - qui décorera de la Croix de la légion d’honneur l’aigle du 2e Zouave. Mac Vernol dans Le Monde illustré du 20 août 1859 dont la plume louangeuse n’est pas exempte des clichés de l’époque : « Les Zouaves et les Turcos se sont partagés depuis un mois l’admiration des Parisiens. Une réputation de bravoure téméraire et invincible les avait précédés les uns et les autres : le pittoresque de leurs costumes, le teint bistré des zouaves, la couleur des nègres-turcos et l’étrangeté de leur langage sabir, la crânerie de leur démarche et mille et une excentricités racontées et mises sur le compte de ces héros du désert algérien en ont fait les lions de l’armée d’Italie»… Les Zouaves seront également de la partie dans l’expédition du Mexique, entre 1862 et 1866, employés dans la guérilla contre les troupes de Juarez. Les Turcos Algériens prendront part à la campagne de Cochinchine en 1867 et nombreux parmi eux furent ceux qui y périrent. Quand la guerre fut déclarée entre la France et la Prusse, en juillet 1871, en ces «graves circonstances», comme l’écrit « L’Univers illustré» «le gouvernement ne pouvait manquer à notre belle armée d’Afrique. Ces vaillants régiments que ne sauraient abattre ni les fatigues ni les dangers, sont appelés à nous rendre de grands services pendant la campagne du Rhin ».De grands services, ces soldats d’Afrique, ne cesseront d’en rendre, y compris sur leur propre continent, au Dahomey (1892) et à Madagascar (1894) avant la grande boucherie de 14-18. Ainsi, à la Grande Guerre qui commence, l’Algérie envoie au front sans délai la presque totalité de ses troupes.
Monnerville Député 1932172 000 ou 460 000 hommes ? La Dépêche du Midi du 10 août 1914 écrit : « On annonce de source certaine que les tirailleurs algériens vont arriver dans la Haute-Alsace » et « Le Petit-Journal » claironne « la charge irrésistible des Turcos, celle que les Allemands redoutent par-dessus tout. Déjà, en 1870, nos Turcos avaient inspiré une véritable terreur ». Myriam Harry dans « Le Petit Journal » de 1916 rapporte les propos d’un tirailleur qui s’enthousiasme précocement: «Maintenant les Français et les Arabes sont égaux. On ne nous appelle déjà plus des bicots, on nous appelle des Sidis. Le sang du vaincu a coulé uni avec le sang du vainqueur. Aujourd’hui nous sommes véritablement vos frères… ». L’illusion ne durera pas longtemps. Le 14 juin 1940, après trente-quatre jours de combat, les Allemands parviennent à rentrer dans Paris où ils défileront sur Les Champs-Elysées…Dans son appel du 19-Juin 1940, le Général de Gaulle ne manquera pas de s’adresser aux Africains : « A l’heure qu’il est, je parle avant tout pour l’Afrique du Nord française, pour l’Afrique du Nord intacte ». Durant la Seconde Guerre mondiale, l’armée française a compté 350 000 soldats dits « indigènes » dont 134 000 Algériens, 73 000 Marocains, 26 000 Tunisiens et 92 000 soldats d’Afrique Noire. Originaires de différents pays qui forment les colonies françaises en Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie) et en Afrique sub-saharienne. Les régiments de tirailleurs algériens (R.T.A.) ont contribué aux titres de gloire de l’armée française. Formant la majeure partie de l’infanterie, ils ont participé à la libération de l’Europe.et ont donc été les plus exposés dans les combats. Les tirailleurs algériens participèrent aux combats les plus durs et les plus meurtriers de la Seconde Guerre mondiale dont : la bataille du Monte Cassino, la libération de Marseille et Toulon, la bataille des Vosges, la libération de l’Alsace- et la campagne d’Allemagne (pour ne citer que des noms connus, y prirent part, notamment, le premier président de l’Algérie indépendante, Ahmed Ben Bella, le grand écrivain Mouloud Mammeri et bien d’autres qui seront à l’origine du déclenchement du 1er-Novembre 1954. Dans son dernier roman, «Les Étés perdus» (Seuil, 1999), Jean Pélégri évoque la «fraternité armes». Elle ne fut, comme on le sait, guère durable et se conclut par les massacres du 8-mai 1945 contre les Algériens. De nombreux soldats de retour de l’Europe qu’ils avaient contribuée à libérer découvrirent dans leur pays la perte de leurs familles, d’un parent, de leurs voisins… Sur les 409 000 mobilisés d’Afrique du Nord, on estime que 11 200 soldats ont été tués, morts au combat pour la France. Gaston Monnerville (petit-fils d’esclave, premier et dernier président du Sénat français d’origine noire …), déclara : « Sans l’Empire, la France ne serait qu’un pays libéré. Grâce à lui, elle est un pays vainqueur. » Après avoir fourni des soldats, l’émigration en provenance d’Afrique du Nord a contribué à la reconstruction de la France au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et son développement dans le cadre de ce qui fut nommé « les Trente glorieuses ». Au cours de la Première Guerre mondiale, environ 132 000 immigrants issus d’Afrique du Nord étaient venus travailler en France mais la plupart d’entre eux était rentrée dans leurs pays d’origine en 1918. Dans notre génération, il était fréquent de remarquer dans les villes et villages d’Algérie un ancien combattant avec une pension d’indigène. Et le plus souvent un mutilé de guerre.

Laissez un commentaire

Grand Angle

Sécurité : Menace sur l’espace euro-atlantique

La relation entre les pays occidentaux e

Grand angle -
19-02-2017
Equateur : Une présidentielle à l’issue incertaine

Quelques 12,8 millions d’Equatoriens se

Grand angle -
19-02-2017
Quatre principaux candidats pour succéder à Rafael Correa

Lenin Moreno, Guillermo Lasso, Cynthia V

Grand angle -
18-02-2017
7 JANVIER 1957 : LESPARAS AU POUVOIR A ALGER

Sur instruction de Robert Lacoste, minis

Grand angle -
07-01-2017

Culture